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vendredi 30 décembre 2011

Vieux Rimiaux

Pas de post depuis l'été. Mais ce n'est pas faute de matériaux.

Je reprends doucement aujourd'hui, en vous montrant les deux exemplaires d'un recueil de contes en patois de Guémené que je me suis procurés sur Ebay.

J'en publierai les contes (ainsi que j'ai d'ailleurs commencé de le faire il y a quelque temps) plus tard.

Ce recueil est dû à un certain Jean Régale que je ne saurais situer : si quelqu'un le connaît, je suis preneur de l'information. Il dédie son travail à ses deux vieilles bonnes, Françoise et Marie, qui lui ont raconté ces histoires, apparemment dans son enfance, à l'insue de "Madame", probablement la mère de l'auteur.

Les deux exemplaires correspondent à deux éditions : la seconde dont j'ignore la date et qui comporte 14 contes (ou "rimiaux") ; la troisième, datée de 1939 et qui en contient 18.

Ces livrets étaient en vente dans des librairies et dans les bureaux de l'"Echo de la Loire" à Nantes, mais aussi à Guémené.

A Guémené, 3 établissements en assuraient la diffusion pour ce qui concerne le livret le plus ancien : la papeterie Loré, rue de l'Hôtel-de-Ville ; Mme Pesneau, rue de Beslé ; Mlles Rousseau, place de l'Eglise. Pour le livret de 1939, la vente à Guémené était également mise en place dans les bureaux de tabac et les principales épiceries de la "ville".



Le patois transcris me paraît un peu "policé" et j'ai l'impression que celui de ma Grand-Mère Gustine était moins litéraire.
Bâ dame tant pire, c'eu ben comm' c'eu.



vendredi 7 mai 2010

Les Rohan et les Fées



Les Rohan et les Fées

Un très ancien village de la paroisse d'Avessac, situé sur les bords du Don, à la limite de cette paroisse et de celle de Guémené-Penfao, en la frairie de Linsac, porte le nom de Rohouan, (en breton : Roc'h hoanek, la butte aux fées) qui est d'ordinaire prononcé Rohan par les habitants.

A première vue cette dernière dénomination semblerait plus rationnelle, étant donné surtout qu'une grande partie des tenanciers de ce village relevaient jadis des seigneuries de la Violaye et de Cliczon, appartenant aux Rohans ; mais une légende locale vient montrer au contraire que l'une comme l'autre ont été appliquées à ce village.

On y raconte en effet, que des fées bienfaisantes, protectrices de la contrée, se réunissaient souvent jadis sur le Tertre de Rohouan qui domine le village pour y danser la nuit au clair de lune, mais comme elles huchaient (chantaient) fort en dansant, elles réveillaient souvent les gens du village qui, fatigués d'être ainsi sans cesse dérangés de leur sommeil, résolurent de les chasser.

Pour cela, ils allèrent en grand nombre détruire "les maisons de pierre" qu'elles habitaient sur les côteaux du voisinage le long du Don et de l'Ihel, son affluent. Mais ils en furent punis, car il survint aussitôt dans le pays une grande famine qui dura de longues années et dont, selon la prédiction des Fées, ils ne furent délivrés qu'après être devenus les tenanciers des Rohan."Vous avez tord de nous chasser, leur avaient dit leurs protectrices, vous n'aurez d'aise que quand vous nous aurez retrouvées,
et :

Sans Rohans à Rohouan
Moutures et grains
Défaudront (manqueront) tous l's ans.


Ce qui fut vrai, car les Rohan, qui étaient riches et descendaient des Fées, devenus possesseurs de ce territoire, protégèrent les pauvres gens, firent défricher les landes et pousser des moissons et bâtirent enfin sur les côteaux voisins un grand nombre de moulins à grain qui donnèrent depuis naissance au dicton :


Tant que les Rohans
Rohanneront
Pour les petits
Moulins moudront.