Au cours de l'Histoire, il y eut bien trois Simon à occuper un siège de député à l'Assemblée Nationale, ou à ce qui en a tenu lieu.
Le temps est venu de parler de Joseph ou Joseph-François.
Ah, n'a-t-il pas fière allure, le Joseph, dans sa petite redingote cintrée, le toupet au vent, des rouflaquettes qui ont l'air d’amarrer la tête au corps, nonchalamment accoudé au rebord du fauteuil, tenant sa canne comme une béquille (politique ?) ?
C'est aussi le fils du fondateur de la dynastie politique guémenéenne, François, et le frère de Fidèle, premier du nom, maire et député dont il a déjà été question dans un post précédent. On peut donc dire que François Simon a enfanté deux fils maires (et députés. Oui je sais, c'est facile...).
Je vais m'attacher à vous fournir quelques données afin que vous puissiez apprécier le personnage à sa juste mesure.
Né le 4 février 1801 à Guémené où ses parents résidaient, il devient maire de St-Nicolas-de-Redon en 1840. Il cumulera le mandat municipal à un mandat de conseiller général de ce canton.
C'est un bourgeois de province bon teint, qui fait profession de marchand de bois de construction. Du solide, donc.
Sans doute devait-il s'ennuyer car, fin 1857, il est élu haut la main député de Loire-Inférieure, en sa troisième circonscription.
Candidat officiel du parti impérial ("majorité dynastique", comme aujourd'hui on parle de "majorité présidentielle"...), il recueille 23 720 des 23 748 suffrages exprimés. La bonne nouvelle : il n'y a que 28 "opposants" ; la moins bonne : il est visiblement seul en lice. A vaincre sans péril,...on triomphe au Corps Législatif impérial.
Il se représente en 1863 et affronte alors un opposant. Réélu avec 18 121 : visiblement il y a quelques déçus du simonisme...Et cela se renforce en 1869 puisque il tombe à 15 532 voix.
Il n'ira d'ailleurs pas au bout de son troisième mandat de député pro-Napoléon III. Ayant adopté comme un bon député godillot qu'il est, tout ce que le Pouvoir Impérial pouvait souhaiter, pour finir, il vota la guerre avec la Prusse. Ce dernier succès politique fut sa fin : il quitta tous ses mandats et se retira.
On ne sait pas bien où, ni quand, il mourut. Sans doute alla-t-il cacher sa peine quelque part, dans le silence : comme on sait, les grandes douleurs sont muettes.
Affichage des articles dont le libellé est Simon. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Simon. Afficher tous les articles
dimanche 4 novembre 2012
dimanche 14 octobre 2012
Place aux Simon (2) : Fidèle II
J’ai envie de parler
aujourd’hui de Fidèle II Simon. « II », car il est le fils de
son père Fidèle 1er Simon qui fut maire de Guémené, comme le père de celui-ci,
François fondateur de la dynastie. J’ai évoqué la vie et l’œuvre de ce dernier
dans un post récent.
Fidèle Simon deuxième du
prénom est né à Guémené-Penfao le 6 août 1837.
Contrairement à ses deux
ancêtres, Fidèle II va finir sa vie politique comme maire de Guémené et non la
commencer.
Après la chute du Second
Empire en 1870, en effet, vierge de tout mandat, il va représenter à l’Assemblée Nationale française le
département de la Loire-Inférieure consécutivement aux élections du 8 février
1871. Il sera ensuite député de 1876 à 1885, puis en 1889.
Il entre donc dans la
carrière à 34 ans. Jusque là, il n’est pas resté manchot : de son
ordinaire, Fidèle II était en effet marchand de bois et propriétaire (ce
dernier statut paraissant - à l’époque - un métier)
Son premier succès politique
ne laissait présager d’aucune carrière politique brillante. Elu dernier de sa
liste, un journal (l’Union Bretonne)
favorable au régime bonapartiste déchu avait fait campagne pour lui !
Il prit place au centre
gauche (ce qui ne mange pas de pain) et, partisan de Thiers, vota pour la paix
avec l’Allemagne de Bismarck, à l’instar des autres républicains modérés.
Il vota paraît-il aussi pour la « pétition des évêques »
tentative pour venir militairement restaurer le pouvoir temporel du Pape à Rome
(très catho quand même, le Fidèle II). Il se prononça aussi contre le service
de trois ans, contre la démission de Thiers, contre le septennat, contre le
ministère de Broglie, pour l'amendement Wallon et pour les lois
constitutionnelles.
Bref, on ne sait plus trop
quels étaient les enjeux de tout cela, mais on peut dire qu’il se trouva
présent à un moment crucial du rétablissement du régime républicain en France,
lequel devait durer 70 ans.
Ainsi, lors des tentatives
de restauration monarchique, il avait déclaré, dans une lettre à ses électeurs,
« qu'il s'opposerait énergiquement à la restauration de la monarchie
traditionnelle ». La tournure de la phrase laisse quand même entendre que s’il
s’était agi d’une monarchie non traditionnelle, alors peut-être…
Parallèlement à son activité
au Parlement, il fut Conseiller général du canton de Saint-Nazaire fin 1871. Il
rata le Sénat en 1876, mais regagna l’Assemblée peu après.
Réélu le 28 octobre 1877 et
le 21 août 1881, il siégea au sein de la Gauche Républicaine et il soutint la
politique scolaire et coloniale du gouvernement.
Sur une liste républicaine
toujours, il échoua à se faire à nouveau réélire le 4 octobre 1885 où toute la
liste conservatrice de son département fut élue, et aux élections sénatoriales
de 1886 comme à celles de 1879.
Fidèle Simon décide alors de
ne plus se représenter.
Il se fait cependant élire
maire de Guémené en 1888. Il le restera jusqu’en 1904.
Pourtant, en 1889, « cédant
aux instances d'un très grand nombre de républicains », il se porte à nouveau
candidat dans la 1ère circonscription de Saint-Nazaire, sollicitant des
électeurs un cinquième mandat législatif « pour défendre la République menacée
par la coalition révisionniste », République qu'il a contribué à fonder en 1875
et qu’il a défendue.
Le 12 septembre 1889, il n'obtient que 6.088 voix contre 7.358 à Maillard, candidat conservateur. Mais au second tour de scrutin, le 6 octobre, il l'emporte - de justesse il est vrai - sur son concurrent par 8.458 suffrages contre 8.452 sur 17.003 votants. Génial !
Siégeant comme jadis sur les bancs de la Gauche Républicaine, il est nommé membre de diverses commissions et présente plusieurs rapports sur des projets mineurs et intéressant surtout son département.
En 1893, Fidèle Simon ne se représente définitivement pas. Retiré de la vie politique, y compris locale à partir de 1904, il meurt à Pléchatel (Ille-et-Vilaine) le 5 mai 1911.
Le 12 septembre 1889, il n'obtient que 6.088 voix contre 7.358 à Maillard, candidat conservateur. Mais au second tour de scrutin, le 6 octobre, il l'emporte - de justesse il est vrai - sur son concurrent par 8.458 suffrages contre 8.452 sur 17.003 votants. Génial !
Siégeant comme jadis sur les bancs de la Gauche Républicaine, il est nommé membre de diverses commissions et présente plusieurs rapports sur des projets mineurs et intéressant surtout son département.
En 1893, Fidèle Simon ne se représente définitivement pas. Retiré de la vie politique, y compris locale à partir de 1904, il meurt à Pléchatel (Ille-et-Vilaine) le 5 mai 1911.
Marié à Caroline Perrin, il était
le père d’Adolphe Simon, maire de Guémené après son père et jusqu’en 1919, qui
clora la saga politique familiale.
En guise de dessert, appréciez donc la bouille de Fidèle modéré :
samedi 6 octobre 2012
Place aux Simon (1) : François 1er
La trace des Simon est monumentale (à l'échelle de Guémené) : la place Simon, précisément, la plus vaste des places de Guémené si j'en excepte celle de l'Eglise (et encore), donne la mesure de cette empreinte ; la chapelle funéraire qui domine la foule des autres tombes au cimetière, image l'ascension des Simon au-dessus des autres guémenois.
On lit dans les documents qui les évoquent qu'ils furent en tout six maires et trois parlementaires dont la carrière émailla le XIXème siècle, celui qui va de Napoléon 1er à la Guerre de 14.
Le fondateur de cette épopée fut François. Il était né le 25 février 1765, au Bourg de Guémené.
Pendant la Révolution, le jeune François fait partie de ces Soldats de l'an II qui furent appelés en masse, fin 1793, sous les drapeaux tricolores de la jeune République. Selon toute probabilité, il faisait partie de l'Armée des Côtes de Brest qui, sous diverses appellations, opéra en Loire-Inférieure : bataille de Nantes ; campagne contre les Chouans dans le sud du département (Tiffauges, Cholet) ; bataille contre les troupe débarquées à Quiberon en 1795.
On ne sait à quelles opérations précises il participa. Toujours est-il qu'il fut blessé et en resta mutilé.
Sa carrière militaire définitivement obérée, il retrouve au pays Jeanne Orain (mon arrière-grande-cousine !) qu'il a épousée en février 1790.
Installé au Bourg, il tient le bureau de tabac (récompense usuelle des invalides de guerre) et sera aubergiste. Dans les documents, on le présente aussi comme "propriétaire".
Conseiller communal éduqué (il savait écrire correctement) , il est nommé maire de Guémené sous Napoléon 1er (en vendémiaire an XI = septembre 1802) succédant à Prosper Bougot-Vieilleville. Selon certaines sources, il aurait été révoqué après 1815, sous la Restauration royaliste, mais je n'en ai pas trouvé la trace (il officie régulièrement au cours de cette période).
On dit que sa gestion municipale fut appréciée. Il eut notamment à procéder à la vente des terres vaines et vagues, terres que les communes avaient héritées de la confiscation des biens seigneuriaux.
Lui naîtront huit enfants qu'avec son épouse Jeanne, "mère de famille dévouée, excessivement économe et travailleuse", il fit, semble-t-il, instruire.
Il s'éteignit le 11 mai 1821, moins d'une semaine après le décès de l'Empereur à Sainte-Hélène. Le dernier acte d'Etat-civil qu'il signa est en date du 5 mai 1821. Il tint donc son rôle jusqu'au bout de ses moyens. Il eut pour successeur en juillet de la même année Pierre Michel Frèrejouan du Saint.
PS : le bulletin de décès de son fils Fidèle (en 1891) fait mention du père François, indiquant qu'il régna 26 ans comme maire de Guémené (ayant été par ailleurs Conseiller d'arrondissement) : c'est quand même un peu abuser...
PS : le bulletin de décès de son fils Fidèle (en 1891) fait mention du père François, indiquant qu'il régna 26 ans comme maire de Guémené (ayant été par ailleurs Conseiller d'arrondissement) : c'est quand même un peu abuser...
(saga à suivre)
Libellés :
François Simon,
Orain,
Place Simon,
Simon
Inscription à :
Articles (Atom)

