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jeudi 25 décembre 2014

Crèche et tronches


Arrivé hier à Guémené, je n'avais pas eu le temps de passer l'église. C'est aujourd'hui chose faite, avec deux préoccupations : la crèche et des sculptures du fond du choeur.

J'aime bien la crèche dont les personnages remontent à fort loin. Ma mère m'en avait récemment décrit un dont elle se souvenait depuis son enfance ( dans les années 20 du siècle passé) et qu'on retrouve encore : il s'agit du personnage noir qui fait fonction de tronc. Il paraît que jadis quand on y mettait un sous, il balançait sa tête. Le mécanisme paraît aujourd'hui cassé.

Cette année, comme l'an passé, l'essentiel de la crèche est disposée dans la chapelle du Sacré-Cœur, dans le transept ouest. On y retrouve principalement la crèche elle-même et des bergers.







Mais les personnes qui se chargent de cette tradition ont innové en disposant des personnages dans la chaire. Apparemment ce sont des Rois-Mages qui cheminent vers Bethléem et dominent la nef.



























Une fois la visite de la scène traditionnelle de Noël opérée, je me suis dirigé vers le choeur de l'église.

De grands vitraux le toisent, comme on sait. Au pied des colonnes qui les encadrent, des pierres sculptées représentant des figures humaines.

On sait le goût de l'architecte François Bougouin pour le Moyen-Age et il n'est pas trop surprenant que dans son style éclectique il ait réussi à caser ce genre de décor si propre aux anciennes églises. Certains visages sont d'ailleurs clairement attifés à la mode de cette époque. Plusieurs semblent endormis ou morts...On songe à Odilon Redon...

Il y a des représentations d'hommes, d'enfants et de femmes, pour tous les goûts...


























J'en ai profité pour photographier les deux bannières qui sont au mur sous les vitraux....
























...et une icône dans la chapelle latérale à l'est du choeur.




Bonnes fêtes.


mardi 18 février 2014

La maison de Subrette


Il fait beau après tout ce déluge : il est temps de repartir sur le terrain.

C'est une lecture qui m'y ramène, à propos d'une maison située dans le parage du collège Saint-Michel.

Ce ne sont donc pas des souvenirs, même si le coin en comporte quelques-uns : par exemple, la remontée à pied le dimanche avec Grand-Mère Gustine et ma tante Madeleine, quand on ne prenait pas le Boulevard, avec gâteau de chez Tardif (obligatoire) et chaussures qui faisaient mal aux pieds (en prime).

Cela aurait pu être aussi les parties d'arrosage avec Serge, Marc ou Annick, mes copains de La Hyonnais, quand mon père nous descendait à la pompe à bras qui trônait au milieu de ce qui est, je crois, un parking, de l'autre côté de la rue Saint-Clément, en face du collège, au bord de la rue de la Tannerie.

Non, c'est bien la maison située au 1 de la rue de Subrette qui m'intéresse, juste au début de la route du Grand-Fougeray, bordée au nord par le chemin de la Tannerie.

Cette maison du XIXème siècle est à vendre, comme hélas beaucoup de biens, et ses volets blancs sont fermés.

Elle est donc livrée à elle-même, à son extérieur. Et c'est celui-là précisément qui attire mon attention. Rien de spectaculaire, en fait, mais des petites aspérités touchantes qui transforment une maison ordinaire en objet de curiosité.







Trois choses ont accroché mon regard : un conduit d'écoulement en schiste sortant du mur ; une petite niche avec une sculpture ; une pierre bleue sculptée naïvement et énigmatiquement.

Le conduit est sans doute celui d'un évier, probablement ancien et donc en schiste, dont beaucoup ont été détruits à la masse quand le progrès s'est répandu...Je n'en dirai pas beaucoup plus : vue de l'extérieur, c'est la seule chose qui invite à pénétrer à l'intérieur hermétiquement clos de cette demeure.



La niche en forme d'obus est entourée de briques dont la couleur se détache sur le crépis usé du mur. Une petite porte vitrée vient s'encastrer dans un montant de bois. Derrière, un jeune couple, qui de loin semble en granit, se tient blotti. Il a pris la place d'une Sainte-Vierge.

Un couple paysan : la femme en longue robe et en coiffe ; le mari en veste et chapeauté. Ils ont l'air "à la rue", frigorifiés, dans la peine.

Ils observent les passants comme s'ils étaient à l'extérieur, en quête d'un quelconque asile. Étrange inversion de situation...








Mais, plus curieux encore, le troisième objet : la pierre sculptée se trouve située symétriquement à la niche aux deux personnages, de l'autre côté de la porte d'entrée.

On y voit une silhouette qui rappelle les dessins de bonhommes par les enfants, bras écartés.

On distingue clairement une petite couronne de cheveux, le nez, les yeux, une petite bouche et peut-être des sourcils. De même, les mains sont dotées de doigts.

Le tronc est strié d'entailles qui marquent les côtes et l'on observe clairement deux jambes qui se terminent par deux "paquets" qui dessinent les pieds.

On ne sait rien de l'origine de cette plaque. S'il ne s'agit pas d'art naïf "récent", cela rappelle, paraît-il, les christs qu'on voyait aux calvaires des XVIIème et XVIIIème siècles.

Une autre interprétation qui reste à creuser : il s'agirait d'une oeuvre à la mémoire d'un enfant mort-né dans cette maison, ou quelque chose d'approchant...

Ce qui déroute le plus, c'est la plaque carrée qui figure à gauche du "christ" : rien ne s'y distingue. Peut-être un message ou un décors y a figuré jadis. Mettons que le temps l'ait effacée comme on grattait les parchemins pour pouvoir y écrire à nouveau.






Mais rien n'y viendra plus s'inscrire. Et le mystère sera éternel.