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samedi 29 mars 2014

Vieux moulins de Camargois


Le printemps invite à la découverte. Je suis donc parti à la recherche de vestiges gallo-romains signalés dans la banlieue toute proche de Guémené, précisément sur le flanc sud d'une colline d'Avessac située juste à la sortie de la commune, en allant sur Redon.

Le site a été fouillé il y a quelques années par une équipes d'archéologues qui en ont laissé une description intéressante : un vaste ensemble de bains et donc la trace de l'existence en ces lieux d'une grande villa patricienne il y a près de deux mille ans.

Mais je n'ai pas trouvé l'endroit même si derrière un champ de colza, un bosquet clairsemé aux arbres à moitié calcinés abritait de nombreuses pierres : la végétation a probablement recouvert le site (qui n'est pas fléché, au demeurant). Je me suis donc contenté d'admirer les moulins qui couronnent cette éminence baignée de la lumière incertaine du printemps.

Je ne souhaite pas évoquer particulièrement la tour crénelée qui semble faite de ciment et qui trône au milieux des bâtiments de la carrière qui se trouve en bord de route. Si ce fut jamais un moulin, sa "restauration" la définitivement défiguré (et pourtant, c'en fut un, au pied évasé...).

La route étroite gravit la colline et bientôt on oublie cet endroit au profit de la campagne et de ses grandes étendues vertes et jaunes.

Au bout de la montée, dans un petit enclos arboré au milieu des champs, se dresse un grand escogriffe de moulin tout à fait comme on les aime : haut, avec un renflement au-dessus d'une première couronne de maçonnerie (type "à petit pied breton" ?). Certes, il a perdu une partie de ses ailes, mais il a conservé une des "arêtes" (verge) et il suffit de peu d'imagination pour le voir tourner.

Ci-après des photos, dont l'arbre-moteur qu'entraînaient les pales.








J'ai poursuivi mon chemin vers un petit bois de pins juste après, toujours à la recherche des vestiges gallo-romains. La route tourne à droite et dépasse le bosquet pour retrouver la campagne ouverte.

J'ai pris quelques photos de l'endroit où se trouvait à peu près la villa gallo-romaine et les thermes qui en forment, en principe, l'ultime témoignage.





Et puis, bredouille, j'ai refait le chemin à l'envers, vers le petit bois de pins.

Perdu dans la végétation sur la gauche, pratiquement à l'endroit où la petite route va faire un coude et à proximité finalement du moulin précédent, une silhouette trapue apparaît.

C'est un autre moulin, abandonné et comme resté dans "son jus". Je me suis aventuré dans le sous-bois et en ai rapporté les photos ci-après. 

Les ailes sont orientées à l'ouest, comme il se doit. Leurs "arêtes" sont intactes, avec la plupart de leurs barreaux.

De ce côté-là, on distingue une petite meurtrière et une fenêtre étroite, en hauteur, perdues dans le lierre.













On voit sur le premier cliché suivant que les deux moulins de Camargois sont bien proches.



Quand on fait le tour de l'édifice vers l'est, on tombe sur une porte étroite surmontée d'un linteau de bois et munie d'un heurtoir. Ainsi se vérifie bien le principe selon lequel la porte d'un moulin - si elle est unique - est située à l'opposé des vents dominants.

Ici et là dans le mur, se trouve de petites cavités barrées d'une pierre ou d'un petit rondin : probablement le dispositif qui permettait d'attacher un animal ; cheval, bœuf ou âne.

















La visite terminée, le chemin m'a ramené à la carrière de pierres où j'ai repris la route de Redon à Guémené. J'ai ensuite passé l'Epinay où ma mère est née, j'ai filé sur le bourg et suis retourné à la Hyonnais. 

Je décrirai quand même un autre jour les thermes gallo-romains de la villa de Camargois, pour lesquels il existe une documentation.

samedi 11 janvier 2014

La Butte de Nicot et autres mystères picturaux


J'ai déjà pas mal traité du grand sculpteur breton Louis-Henri Nicot, auteur du remarquable groupe sculpté du monument au mort du cimetière de Guémené qui date du début des années 20 su siècle passé. On peut voir l'artiste sur la photo ci-après, en plein travail dans son atelier.



Je ne vais donc pas revenir sur son histoire ou sur celle de son oeuvre de sculpteur à Guémené, mais sur un aspect plus inattendu de son travail en notre commune.

La mairie de Guémené a en effet réussi à se procurer par le truchement d'un enfant du pays grand ami des arts (et en particulier de la peinture) une aquarelle réalisée par le grand sculpteur.

J'ai pu approcher cette oeuvre et la photographier lors d'une visite à Madame Barathon, en charge de la Culture (merci une nouvelle fois pour son aide).

Comme pour les autres "fruits" de cette visite récente, les clichés que j'ai pris sont de piètre qualité pour des raisons de lumière peu favorable, de reflets (vous apercevrez même ma silhouette...),... Leur intérêt réside donc dans la révélation de ces oeuvres, plus que dans leur mise en valeur par mes soins, hélas...





L'aquarelle en question est une oeuvre de taille restreinte (peut-être soixante ou soixante-dix centimètres de longueur pour une largeur de trente à quarante) qui représente l'un des trois ou quatre moulins à vent qui dominaient le Bourg depuis la Butte, à l'est du Bourg.

Tout près on aperçoit quelques maisons et sur le devant, comme s'il posait pour une photo, la silhouette d'un jeune garçon (ou d'un homme) en pantalon court à bretelles et chapeau de paille.

Un chemin serpente devant le moulin et semble conduire vers les habitations.

Le moulin, planté dans un parterre végétal et doté d'ailes rouges (le Moulin Rouge de Guémené...), semble en état de marche. Couvert d'ardoises, il offre au regard ses murs crépis qui laissent entrevoir ici ou là quelques palis. Ses ouvertures sont soulignées de linteaux de schistes.

On semble se trouver au printemps ou à l'été.

L'oeuvre est intitulée, signée et datée : "Moulin de Guémené-Penfao", "Louis H. Nicot 1922".

Le monument qui a conduisit Louis-Henri Nicot à Guémené a été inauguré en août 1923. Celui-ci dut donc effectuer plusieurs voyages entre le milieu de 1922 et l'année suivante.


***

Pour rester dans le domaine pictural, je voudrais donner le résultat de l'enquête collaborative lancée dans l'article du 29 décembre dernier, sur le peintre du "Saint-Georges tuant le dragon" qui se trouvait dans la chapelle du même nom, et qui signe "B.".



C'est une nouvelle fois l'enfant du pays ami des arts évoqué précédemment qui a fourni la réponse qui m'a été transmise par un lecteur assidu, ami, et artiste de talent lui-même.


La lettre B est l'initiale du patronyme "de Bruc". En 1837, date du tableau, plusieurs membres de cette famille résidaient au château ancestral, situé à l'est de Guémené, en allant sur Guénouvry.

Outre Auguste, marquis de Bruc de Montplaisir et Madame, née Olympe Le Corgne de Launay, quatre enfants sont encore au domicile familial.

Il me plaît à penser que c'est la gente Zéphyrine, belle enfant de vingt-deux ans, qui accomplit cette oeuvre tout à la fois pieuse et artistique. Enfin, c'est mon hypothèse, car si l'étau se resserre, la vérité sur "B.", sa vie son oeuvre, reste encore à établir complètement.

dimanche 1 décembre 2013

Couleurs décors


La Place Simon est une synthèse intéressante de Guémené. Parking de centre-bourg et croisement de toutes les routes, on y stationne et on y passe. S'y côtoient la partie la plus ensevelie dans le passé du bourg, le Vieux Logis, puis plus bas, l'ancien lavoir et le Grand-Moulin, et plusieurs des derniers commerces survivants de ce même bourg, cafés, crêperie, boulangerie,...


Mais quand on s'y arrête, difficile de ne pas avoir l’œil attiré par une maison, au fond, à l'entrée de la ruelle qui descend vers le Don, bâtiment un peu en retrait et regardant vers l'ouest.

Sa façade présente au premier étage une décoration très originale puisqu'il s'agit d'une "fresque". Une fresque : pas au sens technique du terme, mais dans le sens d'une oeuvre picturale vaste et narrative.



Il n'est pas difficile de savoir qui est l'auteur de cette représentation car elle est signée. J'ai donc demandé à Isabelle Barathon, en charge des affaires culturelles à la Mairie de Guémené, et artiste-peintre par dessus tout, de me faire l'amitié de m'en raconter la genèse.

Plutôt que de paraphraser inutilement son propos, je vous le transcris. Ce sera, en somme, la première interview de ce blog...

"Voici la petite histoire de la peinture murale de la place Simon :

Cette petite maison accueillait encore en 2009 le bureau de l’entreprise de peinture en bâtiment «
Couleurs décors ». Les gérants m’ont commandé ce travail pour compléter leur enseigne. Ils m’ont laissé libre choix du sujet.

Ma première idée était de représenter une foire aux chevaux dans l’esprit du magnifique tableau de l’artiste Rosa Bonheur « Le marché aux chevaux de Paris ». Vous devez connaître l’importance des foires de Guémené qui se passaient à la place de l’église actuelle. Mais j’avais très peu de temps pour réaliser ce travail, l’échafaudage ne pouvait pas rester longtemps, j’ai eu peur de ne pas aboutir un ouvrage aussi imposant.



Ma deuxième idée était de réaliser une scène avec des lavandières travaillant au lavoir situé juste en bas de la ruelle, mais ils se sont dit que cela conviendrait mieux sur le pignon droit de la maison et que je la ferai ultérieurement, malheureusement ils se sont séparés et l’entreprise est morte avant la fresque. C’est dommage car ce sujet était vraiment intéressant.


Donc, finalement j’ai fait plus simple, on aperçoit sur les cartes postales anciennes de la place Simon les 3 moulins de la butte en arrière plan, je suis donc partie sur cette idée et j’ai imaginé une scène de moisson pour compléter le sujet : le blé du champs au moulin. Les chevaux très présents encore sur notre commune sont représentés et bien sûr le travail aux champs à l’ancienne.





C’est un agriculteur de Guémené-Penfao, Guy Amossé, qui ma servit de modèle pour l’homme qui conduit l’attelage, et le deuxième personnage en bas à gauche est inspiré de la bonne « trombine » de M. Yves Ménager."


Voici maintenant quelques photos de l'oeuvre, prises hier. Je me suis efforcé de montrer les détails de la fresque murale, qu'un simple coup d’œil ne permet pas de remarquer.

En peinture comme en architecture, j'aime les détails. Il me semble qu'au contraire de l'oeuvre globale, les détails ont pour public l'artiste-même et les quelques-uns qui s'y attardent : les scruter est un moyen d'entrer dans une relation plus intime avec le concepteur, permettant d'en mieux appréhender les intentions et les centres d'intérêts.

Voici et appréciez :