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dimanche 8 novembre 2015

Héros et Thanatos


C’est toujours pareil : il n’y a pas de rapport entre la trace des choses et leur importance. Il n’y a pas de rapport non plus entre la qualité sociale des gens et leur moralité politique.

On peut aussi se demander pourquoi certains, pas des héros a priori, gens ordinaires, fondus dans la population, vont choisir de risquer leur vie et faire des choses remarquables que, sans trop en savoir le détail, les générations futures vont bien plus tard comémorer en de creux et dérisoires rituels.

Bref, les héros, conçus comme à la fois les bons et les engagés, ne sont pas prévisibles.

Il est frappant aussi, quand on examine les faits et gestes des héros, de voir combien, individuellement, le résultat tangible de leur action est souvent ténu, et combien la trace de cette action est encore plus fugace.

Bref, l’action des héros accouche bien des fois de peu de choses palpables et ne laisse au passant qu’une ombre légère qui se remarque à peine et des prétextes à quelques célébrations distraites et lointaines.

La mort en général, celle qui toujours auréole a posteriori l’action des héros (et même des salauds, - de nous tous, en fait), fournit d’emblée, à ceux d’après, l’enjeu – qui paraît énorme - de la partie dans laquelle les héros se sont engagés.

Mais l’enjeu de la partie ne doit pas masquer le fait que ces héros étaient des gens comme vous et moi, et de simples vivants désireux de vivre, qui ne cherchaient probablement pas l’aventure ni la gloire.

Ainsi n’aspiraient-ils sans doute qu’à être en accord avec eux-mêmes, sans trop penser à la mort, ni à l'idéal qui les animait.

Et des héros, il y en a partout. Et ceux de Guémené ne le sont pas moins qu’ailleurs. Je dirais même qu’ils forment un échantillon emblématique qui raconte à lui seul toute l’histoire et la précarité de cet héroïsme.


Que reste-t-il de Jean Civel dans le souvenir des Hommes ? Quelques anciens enfants octogénaires ou nonagénaires de Guémené, dont on réchaufferait la mémoire, évoqueraient peut-être encore l’instituteur public, sa classe, ses leçons, et peut-être même, allons savoir, sans en dire forcément que du bien.

Deux feuillets dactylographiés, un peu passés, dont je suis redevable à un ami et fidèle lecteur, sont toutefois restés à la surface du néant où il a disparu. C’est de cela dont il va être question aujourd’hui.
























Le document de Jean Civel, instituteur à Guémené pendant l’Occupation allemande, fournit un éclairage sur une partie de l’histoire de la Résistance à Guémené, ainsi que sur une partie de ses acteurs.

On apprend ainsi que dès novembre 1942, un nommé Linard (alias James), agent de liaison de l’Armée Secrète, prend contact avec Jean Le Huludut, facteur à Guémené.

Jean Le Huludut signale à Jean Civel ce contact et « il est alors décidé de constituer un groupe d’agents parachuteurs ». Comme on s’en doute, ce groupe a pour objet de préparer des parachutages (d’armes notamment) dans la région de Guémené.

Le secteur de la Landezais, gros hameau à l’ouest de la commune, paraît approprié pour ces largages, en raison des longues prairies qui longent la rivière, le Don.

L’agent de liaison Linard connaît ce coin et fait enregistrer à Londres le terrain sous le nom de « Cérium » (le Cérium, métal de la famille des terres rares, entre notamment dans la fabrication des pierres à briquet…). Linard, qui était hébergé quand il venait à Guémené chez son cousin boulanger Georges Rabu, avait dû déjà se cacher à la ferme de M. et Mme Lizé, à la Landezais.

L’équipe en charge d’organiser et réceptionner les parachutages comprend :

Jean-Baptiste Certain, son fils Jean ; Francis Launay ; Jean Le Huludut ; Emile Menoret, sa fille Paulette ; Marcel et Alphonsine Marie Lizé ; Jean Civel.

Trois d’entre eux mourront en déportation ; trois d’entre eux en reviendront ; quatre d’entre eux, réussiront à y échapper.

L’annonce d’un éventuel parachutage sur le terrain « Cérium » doit se faire par un message de Radio Londres, un soir à 19 heures 30. Trois messages sont prévus :

" Dans la plaine s’écoulent les eaux ", " La rame plonge dans le fleuve ", " Le papier est plus blanc que son âme ".

Ce n’est que vers le 10 novembre 1943 que le premier message passe. Ce soir-là, c’est la pleine lune et il fait clair. L’équipe se rend sur le terrain : un balisage au sol est mis en place avec trois lampes électriques blanches et une rouge disposées à 50 mètres de distance, dans le sens du vent pour accélérer notamment l'ouverture des parachutes.

Le passage de l’avion doit intervenir entre 23 heures et 1 heure du matin. L’avion arrive dans ce créneau. Un signal lumineux est produit au sol à intention de l’avion (un P, en morse) : celui-ci allume ses feux une seconde fois en signe de compréhension. Puis il fait un tour sur le marais pour prendre le vent et passe au-dessus du balisage. Là, il lâche ses containers d’armes et repart dans la nuit.

Les containers sont emportés à la ferme Lizé de la Landezais et camouflés, avant que, trois semaines plus tard, un camion ne viennent les prendre pour acheminer les armes à Saint-Étienne de Montluc chez deux membres de l’Armée Secrète, MM. M Maillard et M. Trottier.
















Un second parachutage était prévu pour fin janvier 1944, mais sera empêché par l’arrestation de plusieurs équipes de l’Armée Secrète à Nantes, Châteaubriant, Saint-Étienne de Montluc et, en dernier, à Guémené.

Le groupe de Guémené est ainsi arrêté le 27 janvier 1944 dès 7 heures du matin par la Gestapo de Nantes. Les premiers interrogatoires se déroulent chez Georges Rabu, puis place Louis XVI (Place Foch, au siège de la Gestapo) à Nantes. Ensuite le groupe sera enfermé à la prison La Fayette, toujours à Nantes.

Voici quelques éléments de leur biographie et de leur destin :


Ceux qui ne revinrent pas :

Jean-Baptiste Certain était né le 24 décembre 1891 à Guenrouët. A l’époque des faits, il est retraité de la gendarmerie et demeure au Pont de la Rondelle, à Guémené. Jean-Baptiste Certain est expédié à Compiègne le 18 février 1944 puis de là à Mathausen, le 22 mars 1944, où il arrive le 25 mars.

Il fait partie d’un convoi de 1.218 hommes, français pour la plupart, dont plus de la moitié de reviendra pas. Matricule 59698, il décède le 2 mai 1944 au camp annexe de Mathausen, la Loibl Pass, où il était affecté depuis le 17 avril 1944.

Créé en juin 1943, le camp annexe de Loibl Pass se composait en réalité de deux camps distincts : l'un, situé sur le versant sud du massif des Karawanken, du côté slovène, ouvert le 3 juin 1943, et, l'autre, implanté sur le versant nord du même massif mais du côté autrichien dont la construction date des mois de septembre et octobre 1943. Les détenus y travaillaient au percement d'un tunnel routier pour le compte de l'entreprise Universale Hoch-und Tiefbau AG.


Paulette Menoret était née le 29 février 1924 et elle habitait le village de Feuilly, non loin de la Landezais. Son convoi de déportation, qui comprend 50 femmes dont 36 rentreront, part de Paris le 2 mars 1944. Il passe par Aix-la-Chapelle.

Paulette Menoret est à Ravensbruck le 16 mars 1944 où elle intègre le block 32, puis à Mathausen le 7 mars 1945. Elle est cataloguée « NN », « Nuit et Brouillard », et à ce titre doit disparaître sans laisser de trace. Matricule 31969 (2212), elle est ensuite affectée à Amstetten, le 20 mars 1945, et y décède le jour même.

Le sous-camp ou Kommando de femmes d’Amstetten a pu comprendre jusqu’à 500 détenues. On y construisait des chemins de fer.


Jean Le Huludut était né le 28 juillet 1910 à Lorient et exerçait à Guémené la profession de facteur PTT. Un convoi de 1.490 hommes (91% de français) l’emporte le 6 avril 1944 dont un peu moins de la moitié reviendra.

L'ancien facteur est d’abord interné à Melk (24 avril 1944) puis au Camp Central de Mathausen (15 juillet 1944). Matricule 62566, il fut gazé le 5 décembre 1944 à Hartheim.

Au kommando de Melk, les déportés (jusqu’à plus de 10.000) étaient employés à la construction de galeries souterraines pour usines. Le château d’Hartheim  était un kommando spécial, en fait un centre d'euthanasie. Environ 30.000 personnes y sont mortes.


Ceux qui revinrent :

Jean Civel était né le 17 janvier 1909 au Gâvre. Instituteur à Guémené, il avait dans la Résistance la responsabilité de Chef de secteur. Il fit partie du même convoi que Jean-Baptiste Certain et arrive donc à Mathausen le 25 mars 1944.

Matricule 59745, il fut affecté à Steyr, sous-camp situé en Haute-Autriche. Libéré le 5 mai 1945, rapatrié à l’hôtel Lutétia à Paris le 25 mai, il écrira plus tard le petit texte de deux pages à peine qui permet de garder encore la mémoire du groupe de résistants de Guémené et de leur destin.

A Steyr, on fabriquait des armes ou des bunkers souterrains dans et pour la firme Steyr-Daimler-Puc. Jusqu’à un peu moins de 2.000 déportés y ont souffert.


Georges Rabu était né le 11 janvier 1904 à Ruffigné et faisait profession de boulanger à Guémené-Penfao. Il fit partie du même convoi que Jean-Baptiste Certain et Jean Civel.

Matricule 60480 à Mathausen, il fut affecté au kommando de Wiener Neudorf le 16 avril 1944, puis au Camp Central. Il fut libéré le 28 avril 1945 par la Croix-Rouge et rapatrié à Annemasse le 5 mai 1945.

Au kommando de Wiener Neudorf on produisait des moteurs d'avion. Ce kommando compta près de 3.000 déportés.


Marie Lizé, de son nom d’état-civil. Alphonsine Marie Houguet, cultivatrice, avait épousé Marcel Lizé, cultivateur à la Landezais. Elle était née le 11 avril 1911 à Guémené Penfao. Son convoi de déportation partit de Paris (Romainville) le 2 mars 1944, passa par Aix-la-Chapelle et arriva à Ravensbrück le 16 mars où elle est dirigée vers le block 32.

Elle fut ensuite envoyée à Mathausen le 7 mars 1945. Matricule 31960 (ou 2136) à Mathausen. Elle fait en fait partie du même convoi et suit le même parcours que Paulette Menoret. Estampillée également « NN », elle sera néanmoins libérée par la Croix-Rouge le 22 avril 1945 et rapatriée à Annecy le 29 avril 1945. Elle décédera à Guémené le 3 mai 1987.


Ceux qui s’échappèrent :

Jean Certain, fils du gendarme retraité du Pont de la Rondelle ; Emile Menoret, père de Paulette, demeurant à Feuilly ; Francis Launay, responsable EDF à Guémené ; Marcel Lizé cultivateur à la Landezais.


Autres déportés de Guémené non mentionnés par Jean Civel :


Jean-Baptiste Raimbaud (ou Rimbaud), né à Beslé le 30 octobre 1918, quatrième enfant de Pierre (né à Derval le 29 juillet 1874 et décédé à Avessac le 19 avril 1940), employé des Chemins de Fer de l’Etat et d’Angélique Guérin (née en 1886 à Pierric).

Déporté à Wilhelmshaven, ou il meurt le 20 janvier 1945. Matricule 43790 au camp de Neuegamme. Convoi de 722 hommes (27% rentreront), parti de Belfort le 29 août 1944.

Dans le même convoi se trouvait Bernard Danet, matricule 44233. Né à Beslé aussi, le 17 mai 1920. Il mourra à Bergen-Belsen le 13 avril 1945. Son neveu s’est employé avec beaucoup de force et une dévotion admirable à retracer les derniers temps de la jeune et courte vie de Bernard Danet. J'espère un jour pouvoir donner un aperçu de ce travail remarquable.



Un maître d'école, un gendarme à la retraite, un facteur, des cultivateurs, un agent EDF, un boulanger,....La Résistance : une sociologie à méditer... 

samedi 18 janvier 2014

Trois héros d'un jour


Retour aux hommes et aux femmes après plusieurs articles sur le patrimoine plus classique de Guémené.

Les journaux, et Ouest-Éclair en particulier, permettent aux uns et aux autres, obscurs ou sans grade le plus souvent, de connaître leur heure de gloire ou, à tout le moins, une notoriété fugace.

Pas moins hier qu'aujourd'hui, en effet, la presse régionale ne raffole de faits divers, accidents, violences, chiens ou vaches écrasées, nécrologie, hauts-faits sans lendemain de petites gens qui, en dépit de cela (et c'est heureux !), le resteront.

J'ai donc puisé à cette source à nouveau pour me faire l'écho de faits qui sans doute agitèrent Guémené en leur temps, celui de l'entre-deux-guerres, celui de la jeunesse de ma mère.

Et puisqu'il s'agit de rendre hommage, commençons par répercuter le bruit lointain d'un article du 1er août 1937 intitulé "Palmarès des braves gens de chez nous".



A la lecture du titre de l'article, on sait tout de suite qu'on va avoir affaire à de la condescendance bien paternaliste et qu'il ne serra question ni de docteur, ni de notaire, ni de maire, ni de négociant, ni de curé ou de propriétaire. Ces gens-là, finalement, ne sont pas braves, même s'ils sont de chez nous.

Dans un bric-à-brac de vies aliénées : fermiers depuis plusieurs générations asservis à la même terre, vieux domestiques chenus à la personnalité délavée par des décennies d'obséquiosité et de respect des maîtres, salariés enkystés depuis l'adolescence dans la même vie professionnelle, surgit "M. Pierre Milet, 67 ans [qui] remplit les fonctions de contremaître depuis 44 ans passés chez M. Gilles Durand, négociant en bois à Guémené-Penfao".

Pierre Milet est né à Blain le 16 mai 1871 dans une famille d'agriculteurs. Il le sera lui-même un temps avant de venir à Guémené et de travailler comme journalier chez Gilles Durand, finissant à l'arraché par "faire fonction" de contremaître (il ne l'est donc pas pour de vrai).

Pierre Milet est un petit bonhomme d'un mètre soixante six que le Conseil de Révision a refusé une première fois en 1871 pour problèmes pulmonaires et que la guerre de 14 ne voulut pas avaler non plus pour les mêmes raisons (qui devaient donc être particulièrement valables). C'est donc une "petite santé" que ce bonhomme.



A part de l'emphysème, le Conseil de Révision lui trouve d'ailleurs de nombreuses cicatrices aux deux jambes. Au reste, il a les yeux bleus et, jeune, des cheveux châtains. Il sait lire et écrire, mais n'a pas le Brevet.

Il épouse le 23 avril 1900 la jeune Julienne Gourgeon dont il aura, malgré ses infirmités, quatre enfants : Germaine, en 1902, Pierre, en 1905, Mathilde, en 1907 et Ferdinand, en 1909. 

La famille Milet demeure rue de Redon, près des Durand, chez qui non seulement le père fera carrière, mais où sont employés également (comme bonnes) les deux filles Milet et (comme journaliers) les deux fils...Bonjour la promiscuité !

Ce héros banal mourra le 18 mars 1938, soit quelques mois après avoir eu les honneurs de la presse, laissant une veuve et seulement trois orphelins, et n'ayant certainement pas eu le temps, hélas ! de jouir des tous récents congés payés octroyés par le Front Populaire.

Éclairons donc le mystère de la disparition d'un des enfants Milet, , une fois de plus grâce à Ouest-Éclair, le bien nommé.

Le jeune Pierre mourut à 18 ans, au travail chez Gilles Durand. Il est même possible, dans le fond, que son père ait assisté à sa fin.

Voici comment il en vint à défrayer la chronique.


La scène se tient à la mi-novembre 1923 dans la scierie de M. Gilles Durand (négociant et alors maire de Guémené). Vers 2 heures 30 de l’après-midi, plusieurs ouvriers sont occupés à passer des lames de parquet à la raboteuse. L'un d'eux est le jeune Pierre Milet.

Celui-ci se tient près de la machine, sur la galerie souterraine recouverte de planches dans laquelle se trouvent la grande poulie et la courroie de transmission qu'entraîne une "locomobile" à vapeur du genre de celle représentée ci-dessous.



Le jeune homme a pour mission de recevoir les planches rabotées et de les mettre en pile.

Quand tout à coup une violente explosion se produit soulevant un nuage de poussière qui aveugle les travailleurs. Après quelques secondes de stupeur, ceux-ci constatent avec horreur que les planches de la trappe recouvrant la poulie ont été brisées et projetées dans toutes les directions. Leur jeune camarade, qui se trouvait donc dessus, est tombé dans le trou ainsi formé, profond d'un mètre environ.

On s'empresse d’arrêter la locomobile et de porter secours au jeune Milet. Mais on ne retire de la galerie qu'un cadavre horriblement mutilé. Le malheureux jeune homme a dû tomber la tête la première sur la poulie en mouvement qui lui a sectionné le crâne derrière les oreilles. La mort a été probablement instantanée.

Les constatations faites un peu plus tard ont permis de se rendre compte que, par une circonstance inexpliquée, l’armature de la grande poulie s’est détachée et a frappé violemment le plancher de la trappe qui a volé en éclat.

Le cadavre du jeune Milet, placé d’abord sur des sacs par ses camarades consternés, a été ramené au domicile de ses parents.

Le journal ajoute qu'il devine leur douleur...

Il n'est pas sûr que tant les obsèques du père que celles du fils Milet aient fourni un spectacle digne d'un article de journal.

Enfin...

Mais évidemment, il n'y a pas de raison que les malheurs ne frappent que les pauvres. Sinon, ça ne serait pas juste.

Ainsi, un enterrement d'une personne de qualité a lieu le 
18 janvier 1938, dont Ouest-Éclair nous régale.

Il s'agit de porter à son ultime demeure Mlle Gillette Durand, professeur, fille aînée de M. Gilles Durand. De Monsieur Gilles Durand, oui certes, mais de Monsieur Gilles Durand industriel, ancien maire, ancien conseiller d’arrondissement de Guémené et ancien membre de la Chambre de Commerce de St-Nazaire.

Comme on voit, la jeune Gillette a tout de même trouvé le temps, dans sa brève existence, de devenir professeur (de quoi d'ailleurs ?) avant d'être, comme dit la presse, "enlevée prématurément à l’affection des siens par une cruelle maladie à l’âge de 21 ans". Sur un faire-part
, "professeur" ça sonne quand même mieux que "journalier".

Le jour des obsèques venu, trois jours après le décès, la levée du corps a eu lieu à 9 heures à la maison mortuaire, le domicile des Durand, rue de Redon, où le deuil était réuni.

Le cercueil était porté par les ouvriers de l’usine et du chantier (on les imagine en bleus de travail frais repassés...) et les cordons du poêle par des amies de la défunte (enterrement de 1ère classe !).

Un groupe nombreux de jeunes filles portaient des gerbes et bouquets de fleurs. On y remarquait également une superbe couronne de perles blanches, hommage des ouvriers de M. Durand (cotisation spontanée).

Le cercueil fut suivi par une foule nombreuse composée de parents, d’amis, des notabilités de la ville et des environs.

Pour le coup, le journal offrit ses condoléances à la famille.

Ah qu'il fait beau mourir riche !