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dimanche 3 janvier 2016

Hélène Martin, du réseau "Turquoise"


Le nom de Martin n'est pas inconnu de ce blog, en particulier quand il s'agit d'y accoler le prénom Hippolyte, personnage évoqué dans deux articles de mars et décembre 2013, que je résume ci-après.

C'était un fameux instituteur de Guémené qui enseigna de 1890 à 1913, maître puis directeur de l'école publique.

Sa précédente renommée avait conduit le maire de l'époque à aller le chercher à Fay, c'est du moins ce qui se disait. Sa fille aînée, Emilie, née de son mariage avec une dame Mercier, devint elle-même institutrice et enseigna au côté de son père.

Son épouse décéda assez jeune, en 1902, laissant au pauvre Hippolyte, en plus d'Emilie, six petits Martin supplémentaires, nés en rafale à Guémené et d'un âge compris entre trois et dix ans.

Sans doute habitué à manœuvrer des grandes plantées d'enfants (on prétend qu'il enseignait à sept classes), il réussit probablement à élever cette maisonnée comme il se doit.

Médaillé d'argent pour son action pédagogique, il se retire dans la région et termine ses vieux jours en compagnie de sa fille aînée l'institutrice, à Pornichet où il décède en 1939 ayant atteint l'âge respectable de 87 ans.

Il ne vit donc pas l'effondrement de la République dont il était un des hussards, ni les horreurs qui s'ensuivirent. Heureusement.


Hélène Martin était la plus jeune des filles de l'instituteur de Guémené. Elle était née le 18 mars 1898 au bourg de Guémené, peut-être à l'école de garçons où résidaient les instituteurs d'alors.

On ne sait pas grand-chose de sa vie, sinon qu'elle épousa un clerc d'huissier, peut-être déjà huissier d'ailleurs, ou bien militaire, Albert Forget, grand gaillard brun d'un mètre soixante-quatorze natif de Saint-Etienne-de-Montluc, entre Savenay et Nantes. Cette union se déroula à Clisson, le 21 mai 1919, Clisson où en 1909 déjà, Albert exerçait la profession de clerc d'huissier.

Le couple eut plusieurs enfants dont une fille prénommée Emilie également, née à Varsovie en 1920. Que faisaient donc ces gens en Pologne, à cette époque en pleine guerre avec l'URSS naissante ?

Albert Forget avait dix ans de plus que son épouse et, préférant sans doute l'uniforme à la défroque d'huissier, il ne cessa de rempiler, une fois son service militaire achevé.

Sa carrière militaire active s'étend ainsi de la fin 1909 à 1923. Il y poursuit une filière d'artilleur dans différents régiments, finissant sous-lieutenant avant de se retirer à Nantes, au 8 rue Anizon, dans le centre ville.

La Guerre de 14 est au coeur de son engagement militaire. Il y fait bonne figure, en tout cas selon les critères de l'Armée : il décroche citations et médailles. Il est ainsi titulaire de la Croix de guerre étoile d'argent et deux de bronze ainsi que de la Médaille militaire. La Légion d'honneur viendra en 1932 compléter ce tableau.

Il est probable qu'Albert Forget ait fait partie des quatre cents conseillers de la Mission militaire française pour la Pologne, venus encadrer l'armée de ce pays en guerre contre l'URSS. D'où l'accouchement à Varsovie.

Il reprend à un moment donné son métier d'huissier. On retrouve la trace de la famille Forget à Quimper pendant la seconde guerre mondiale où ils demeurent rue Valentin depuis quelques temps (après 1936), à moins que ce ne soit à Plonévez-Porzay. 

Ils ont une autre fille en plus d'Emilie : Jeanne née le 1er décembre 1926 à Quimper, ce qui accréditerait l'idée que la famille demeurait déjà dans cette ville dès cette époque. Et peut-être quatre autres enfants : Albert, Madeleine, Françoise, Hélène.


Peut-être faut-il penser que l'éducation du Père Martin, le vieil instituteur de Guémené, avait donné des principes à ses enfants et notamment à sa fille Hélène. Peut-être que cela n'a rien à voir.

Toujours est-il que les parents Forget et leur fille aînée Émilie s'engagent dans la Résistance, au sein d'un réseau appelé "Turquoise".

Ce qui suit vient de forums ou de sites spécialisés.

Le réseau "Turquoise" - ou "Blavet" - comptera trente-trois membres (connus) : quatorze seront déportés dont six en mourront ; deux seront fusillés, deux seront grièvement blessés. Le réseau couvrira toute la Bretagne, associé à d’autres réseaux.

La double appellation de se réseau provient de ce que, dans les messages, le nom de code "Turquoise" désignait les affaires de renseignements ; celui de "Blavet", les opérations maritimes.

Rapidement le réseau se mit en place à Rennes, St-Brieuc, Guingamp, Morlaix, Laval, Paris, Lyon, Macon, avec les radios, les boites aux lettres, les agents de renseignements et de liaison, les asiles, 

Le secteur particulièrement surveillé par le réseau est la zone côtière d'Avranches à Saint-Malo.

Les renseignements recueillis par ce réseau étaient abondants et précis :

- Les effectifs et armements des troupes allemandes par arme, corps et lieux d'implantation,
- Les mouvements de trains d'intérêts stratégiques,
- Les résultats des sabotages effectués ; le bilan des bombardiers alliés,
- Les faits de résistance, les actes d'héroïsme, les répressions allemandes.

Toutes ces informations sont transmises lors des vacations radios ou acheminées à Londres par des liaisons maritimes. Celles-ci sont faites à l'Ile d'Er par une vedette anglaise, en principe tous les quinze jours.

Fin 1943 et début 1944, ce réseau de Résistance fonctionne apparemment bien. Or à ce moment la Gestapo commence à recueillir les fruits de son travail, suppléée de certains français notamment d'indépendantistes bretons. Le service de renseignement allemand arrive ainsi à établir presque entièrement les organigrammes des organisations de Résistance.

A la mi-avril 1944 le drame se précipite. A Paris, la centrale Phidias, qui coiffait plusieurs réseaux dont "Turquoise" est anéantie, A Rennes, un dénonciateur qui sera condamné à mort et fusillé en 1945, vend à la Gestapo pour 80 000 Francs l'adresse du 11 rue Gutenberg comme lieu d'allées et venues suspectes. C'en est fini du réseau "Turquoise".

Voici, ci-dessous, le témoignage de Jeanne Forget, autre fille du couple, née en 1926 à Quimper et alors étudiante à Nantes, sur l'arrestation de sa famille :

" J’ai vu Zeller pour la première fois le 22 avril 1944 au soir. Il s’est présenté chez mes parents comme membre de la Résistance. Il était seul. Il a dit qu’il était « Fernand » que nous attendions et a demandé ma sœur Emilie. Celle-ci n’était pas rentrée et ma mère à qui j’ai parlé de cette visite m’a dit de me méfier et de répondre que ma sœur n’était pas là, ce que j’ai fait. Zeller est parti.

Cinq minutes après son départ, la police allemande a sonné chez nous et deux membres de la Gestapo ont perquisitionné. Après cette perquisition qui n’a rien donné, les Allemands sont restés chez nous pour nous surveiller. Dans la soirée, Zeller est revenu. Il était environ 20h30. Il a demandé mon père et il l’a interrogé en compagnie des allemands. Il a recommencé la perquisition.

Pendant ce temps, je suis parvenue à monter dans le grenier où étaient les papiers de mon père et à brûler ceux-ci. En même temps que Zeller, était rentrée chez nous une jeune fille Le Corre, agent de liaison du groupe « Turquoise ». Elle n'a pu ressortir et elle a été interrogée par Zeller et maltraitée car elle n’a pas voulu parler. Elle a été giflée. 

A la suite de cela mon père et cette jeune fille ont été emmenés. Zeller et la Gestapo sont restés chez nous. Ils se sont mis à interroger ma mère, je crois qu’ils l’ont giflée, puis ils l’ont emmenée à son tour. 

Après ils s’en sont pris à moi. Zeller m’a interrogée et a recommencé à fouiller avec moi les pièces de la maison. Comme je lui posais une question, il m’a répondu : « Depuis quatre ans que je fais ce métier, ce n’est pas toi qui va m’apprendre ! » Et il me dit aussi : « Ce n’est pas parce que tu n’as pas 18 ans que tu ne seras pas emprisonnée ! » Là encore, ils n’ont rien trouvé et ils m’ont emmenée à la Gestapo, laissant ma petite sœur âgée de 11 ans seule à la maison.

A la Gestapo, mon interrogatoire a recommencé, dirigé par Zeller qui m’a menacé d’une tournée comme je n’en avais jamais reçue. Il m’a giflée. Ils ont fini par croire ce que je leur racontais et ils m’ont relâchée en me faisant jurer de leur rapporter les papiers. J’ai juré, mais bien entendu je n’ai jamais rien rapporté. J’ai été surveillée pendant plusieurs jours à la suite de cela. Je ne suis pas restée longtemps à Quimper où ces faits se passaient, je suis venue à Nantes.

....

Ma sœur Emilie a été arrêtée par surprise par Zeller. Il l’a rencontrée dans la rue et il l’a invitée à se rendre dans une maison amie pour qu’elle échappe à la Gestapo. Elle l’a suivi et il l’a conduite dans la maison même où était celle-ci, et il l’a arrêtée."


Sur les huit membres du réseau « Turquoise » arrêtés le 22 avril 1944, six sont morts en déportation.

Hélène Forget, née Martin, arrêtée  pour son appartenance au réseau avec son mari et sa fille, est d'abord internée à la prison Saint-Charles de Quimper, puis sera transférée à la prison Jacques Cartier de Rennes. Elle est déportée le 2 août 1944 vers Belfort puis vers Ravensbrück, le 1er septembre 1944 (Matricule 62824). Autre lieu de déportation: Genshagen.

De son convoi de cent quatre-vingt-dix femmes, dont sa fille Emilie, près des deux tiers revinrent. 

Pas elle : elle décède le 21 juin 1945, en Belgique, à l'hôpital d'Etterbeek près de Bruxelles lors de son rapatriement. Sa fille mourut le 28 janvier 1945 à Ravensbrück et son mari Albert, le 7 février 1945 à Dachau.

Une plaque, à Clisson, commémore ces trois martyrs de la Résistance.

Photo François VERMAUT


dimanche 8 novembre 2015

Héros et Thanatos


C’est toujours pareil : il n’y a pas de rapport entre la trace des choses et leur importance. Il n’y a pas de rapport non plus entre la qualité sociale des gens et leur moralité politique.

On peut aussi se demander pourquoi certains, pas des héros a priori, gens ordinaires, fondus dans la population, vont choisir de risquer leur vie et faire des choses remarquables que, sans trop en savoir le détail, les générations futures vont bien plus tard comémorer en de creux et dérisoires rituels.

Bref, les héros, conçus comme à la fois les bons et les engagés, ne sont pas prévisibles.

Il est frappant aussi, quand on examine les faits et gestes des héros, de voir combien, individuellement, le résultat tangible de leur action est souvent ténu, et combien la trace de cette action est encore plus fugace.

Bref, l’action des héros accouche bien des fois de peu de choses palpables et ne laisse au passant qu’une ombre légère qui se remarque à peine et des prétextes à quelques célébrations distraites et lointaines.

La mort en général, celle qui toujours auréole a posteriori l’action des héros (et même des salauds, - de nous tous, en fait), fournit d’emblée, à ceux d’après, l’enjeu – qui paraît énorme - de la partie dans laquelle les héros se sont engagés.

Mais l’enjeu de la partie ne doit pas masquer le fait que ces héros étaient des gens comme vous et moi, et de simples vivants désireux de vivre, qui ne cherchaient probablement pas l’aventure ni la gloire.

Ainsi n’aspiraient-ils sans doute qu’à être en accord avec eux-mêmes, sans trop penser à la mort, ni à l'idéal qui les animait.

Et des héros, il y en a partout. Et ceux de Guémené ne le sont pas moins qu’ailleurs. Je dirais même qu’ils forment un échantillon emblématique qui raconte à lui seul toute l’histoire et la précarité de cet héroïsme.


Que reste-t-il de Jean Civel dans le souvenir des Hommes ? Quelques anciens enfants octogénaires ou nonagénaires de Guémené, dont on réchaufferait la mémoire, évoqueraient peut-être encore l’instituteur public, sa classe, ses leçons, et peut-être même, allons savoir, sans en dire forcément que du bien.

Deux feuillets dactylographiés, un peu passés, dont je suis redevable à un ami et fidèle lecteur, sont toutefois restés à la surface du néant où il a disparu. C’est de cela dont il va être question aujourd’hui.
























Le document de Jean Civel, instituteur à Guémené pendant l’Occupation allemande, fournit un éclairage sur une partie de l’histoire de la Résistance à Guémené, ainsi que sur une partie de ses acteurs.

On apprend ainsi que dès novembre 1942, un nommé Linard (alias James), agent de liaison de l’Armée Secrète, prend contact avec Jean Le Huludut, facteur à Guémené.

Jean Le Huludut signale à Jean Civel ce contact et « il est alors décidé de constituer un groupe d’agents parachuteurs ». Comme on s’en doute, ce groupe a pour objet de préparer des parachutages (d’armes notamment) dans la région de Guémené.

Le secteur de la Landezais, gros hameau à l’ouest de la commune, paraît approprié pour ces largages, en raison des longues prairies qui longent la rivière, le Don.

L’agent de liaison Linard connaît ce coin et fait enregistrer à Londres le terrain sous le nom de « Cérium » (le Cérium, métal de la famille des terres rares, entre notamment dans la fabrication des pierres à briquet…). Linard, qui était hébergé quand il venait à Guémené chez son cousin boulanger Georges Rabu, avait dû déjà se cacher à la ferme de M. et Mme Lizé, à la Landezais.

L’équipe en charge d’organiser et réceptionner les parachutages comprend :

Jean-Baptiste Certain, son fils Jean ; Francis Launay ; Jean Le Huludut ; Emile Menoret, sa fille Paulette ; Marcel et Alphonsine Marie Lizé ; Jean Civel.

Trois d’entre eux mourront en déportation ; trois d’entre eux en reviendront ; quatre d’entre eux, réussiront à y échapper.

L’annonce d’un éventuel parachutage sur le terrain « Cérium » doit se faire par un message de Radio Londres, un soir à 19 heures 30. Trois messages sont prévus :

" Dans la plaine s’écoulent les eaux ", " La rame plonge dans le fleuve ", " Le papier est plus blanc que son âme ".

Ce n’est que vers le 10 novembre 1943 que le premier message passe. Ce soir-là, c’est la pleine lune et il fait clair. L’équipe se rend sur le terrain : un balisage au sol est mis en place avec trois lampes électriques blanches et une rouge disposées à 50 mètres de distance, dans le sens du vent pour accélérer notamment l'ouverture des parachutes.

Le passage de l’avion doit intervenir entre 23 heures et 1 heure du matin. L’avion arrive dans ce créneau. Un signal lumineux est produit au sol à intention de l’avion (un P, en morse) : celui-ci allume ses feux une seconde fois en signe de compréhension. Puis il fait un tour sur le marais pour prendre le vent et passe au-dessus du balisage. Là, il lâche ses containers d’armes et repart dans la nuit.

Les containers sont emportés à la ferme Lizé de la Landezais et camouflés, avant que, trois semaines plus tard, un camion ne viennent les prendre pour acheminer les armes à Saint-Étienne de Montluc chez deux membres de l’Armée Secrète, MM. M Maillard et M. Trottier.
















Un second parachutage était prévu pour fin janvier 1944, mais sera empêché par l’arrestation de plusieurs équipes de l’Armée Secrète à Nantes, Châteaubriant, Saint-Étienne de Montluc et, en dernier, à Guémené.

Le groupe de Guémené est ainsi arrêté le 27 janvier 1944 dès 7 heures du matin par la Gestapo de Nantes. Les premiers interrogatoires se déroulent chez Georges Rabu, puis place Louis XVI (Place Foch, au siège de la Gestapo) à Nantes. Ensuite le groupe sera enfermé à la prison La Fayette, toujours à Nantes.

Voici quelques éléments de leur biographie et de leur destin :


Ceux qui ne revinrent pas :

Jean-Baptiste Certain était né le 24 décembre 1891 à Guenrouët. A l’époque des faits, il est retraité de la gendarmerie et demeure au Pont de la Rondelle, à Guémené. Jean-Baptiste Certain est expédié à Compiègne le 18 février 1944 puis de là à Mathausen, le 22 mars 1944, où il arrive le 25 mars.

Il fait partie d’un convoi de 1.218 hommes, français pour la plupart, dont plus de la moitié de reviendra pas. Matricule 59698, il décède le 2 mai 1944 au camp annexe de Mathausen, la Loibl Pass, où il était affecté depuis le 17 avril 1944.

Créé en juin 1943, le camp annexe de Loibl Pass se composait en réalité de deux camps distincts : l'un, situé sur le versant sud du massif des Karawanken, du côté slovène, ouvert le 3 juin 1943, et, l'autre, implanté sur le versant nord du même massif mais du côté autrichien dont la construction date des mois de septembre et octobre 1943. Les détenus y travaillaient au percement d'un tunnel routier pour le compte de l'entreprise Universale Hoch-und Tiefbau AG.


Paulette Menoret était née le 29 février 1924 et elle habitait le village de Feuilly, non loin de la Landezais. Son convoi de déportation, qui comprend 50 femmes dont 36 rentreront, part de Paris le 2 mars 1944. Il passe par Aix-la-Chapelle.

Paulette Menoret est à Ravensbruck le 16 mars 1944 où elle intègre le block 32, puis à Mathausen le 7 mars 1945. Elle est cataloguée « NN », « Nuit et Brouillard », et à ce titre doit disparaître sans laisser de trace. Matricule 31969 (2212), elle est ensuite affectée à Amstetten, le 20 mars 1945, et y décède le jour même.

Le sous-camp ou Kommando de femmes d’Amstetten a pu comprendre jusqu’à 500 détenues. On y construisait des chemins de fer.


Jean Le Huludut était né le 28 juillet 1910 à Lorient et exerçait à Guémené la profession de facteur PTT. Un convoi de 1.490 hommes (91% de français) l’emporte le 6 avril 1944 dont un peu moins de la moitié reviendra.

L'ancien facteur est d’abord interné à Melk (24 avril 1944) puis au Camp Central de Mathausen (15 juillet 1944). Matricule 62566, il fut gazé le 5 décembre 1944 à Hartheim.

Au kommando de Melk, les déportés (jusqu’à plus de 10.000) étaient employés à la construction de galeries souterraines pour usines. Le château d’Hartheim  était un kommando spécial, en fait un centre d'euthanasie. Environ 30.000 personnes y sont mortes.


Ceux qui revinrent :

Jean Civel était né le 17 janvier 1909 au Gâvre. Instituteur à Guémené, il avait dans la Résistance la responsabilité de Chef de secteur. Il fit partie du même convoi que Jean-Baptiste Certain et arrive donc à Mathausen le 25 mars 1944.

Matricule 59745, il fut affecté à Steyr, sous-camp situé en Haute-Autriche. Libéré le 5 mai 1945, rapatrié à l’hôtel Lutétia à Paris le 25 mai, il écrira plus tard le petit texte de deux pages à peine qui permet de garder encore la mémoire du groupe de résistants de Guémené et de leur destin.

A Steyr, on fabriquait des armes ou des bunkers souterrains dans et pour la firme Steyr-Daimler-Puc. Jusqu’à un peu moins de 2.000 déportés y ont souffert.


Georges Rabu était né le 11 janvier 1904 à Ruffigné et faisait profession de boulanger à Guémené-Penfao. Il fit partie du même convoi que Jean-Baptiste Certain et Jean Civel.

Matricule 60480 à Mathausen, il fut affecté au kommando de Wiener Neudorf le 16 avril 1944, puis au Camp Central. Il fut libéré le 28 avril 1945 par la Croix-Rouge et rapatrié à Annemasse le 5 mai 1945.

Au kommando de Wiener Neudorf on produisait des moteurs d'avion. Ce kommando compta près de 3.000 déportés.


Marie Lizé, de son nom d’état-civil. Alphonsine Marie Houguet, cultivatrice, avait épousé Marcel Lizé, cultivateur à la Landezais. Elle était née le 11 avril 1911 à Guémené Penfao. Son convoi de déportation partit de Paris (Romainville) le 2 mars 1944, passa par Aix-la-Chapelle et arriva à Ravensbrück le 16 mars où elle est dirigée vers le block 32.

Elle fut ensuite envoyée à Mathausen le 7 mars 1945. Matricule 31960 (ou 2136) à Mathausen. Elle fait en fait partie du même convoi et suit le même parcours que Paulette Menoret. Estampillée également « NN », elle sera néanmoins libérée par la Croix-Rouge le 22 avril 1945 et rapatriée à Annecy le 29 avril 1945. Elle décédera à Guémené le 3 mai 1987.


Ceux qui s’échappèrent :

Jean Certain, fils du gendarme retraité du Pont de la Rondelle ; Emile Menoret, père de Paulette, demeurant à Feuilly ; Francis Launay, responsable EDF à Guémené ; Marcel Lizé cultivateur à la Landezais.


Autres déportés de Guémené non mentionnés par Jean Civel :


Jean-Baptiste Raimbaud (ou Rimbaud), né à Beslé le 30 octobre 1918, quatrième enfant de Pierre (né à Derval le 29 juillet 1874 et décédé à Avessac le 19 avril 1940), employé des Chemins de Fer de l’Etat et d’Angélique Guérin (née en 1886 à Pierric).

Déporté à Wilhelmshaven, ou il meurt le 20 janvier 1945. Matricule 43790 au camp de Neuegamme. Convoi de 722 hommes (27% rentreront), parti de Belfort le 29 août 1944.

Dans le même convoi se trouvait Bernard Danet, matricule 44233. Né à Beslé aussi, le 17 mai 1920. Il mourra à Bergen-Belsen le 13 avril 1945. Son neveu s’est employé avec beaucoup de force et une dévotion admirable à retracer les derniers temps de la jeune et courte vie de Bernard Danet. J'espère un jour pouvoir donner un aperçu de ce travail remarquable.



Un maître d'école, un gendarme à la retraite, un facteur, des cultivateurs, un agent EDF, un boulanger,....La Résistance : une sociologie à méditer... 

samedi 21 septembre 2013

Les autres combats de Marie Rolland


Le personnage de Marie Rolland, institutrice hors norme du début du XIXème siècle à Guémené, a déjà donné lieu à divers développements dans ce blog : son action dans la Résistance et ses forages pétroliers (eh oui !..) ont ainsi illustré deux facettes remarquables de cette personnalité et de ses combats.

Comme souvent, je suis tombé sans forcément le chercher sur une page internet qui apporte des éclairages nouveaux sur ses engagements, ses luttes et ses valeurs.

Loin d'atténuer l'éclat et la qualité de Marie Rolland tels qu'ils sont connus, ces éléments rehaussent encore l'exemplarité de cette femme engagée dont toute la vie est l'expression d'une énergie combattante en faveur du Droit et de la Raison si caractéristique de certains militants laïcs de la IIIème République, purs produits de l'Instruction Publique.

Je vais reprendre pour l'essentiel, ci-après, l'article trouvé dans une encyclopédie en ligne de la Franc-Maçonnerie. J'ai par ailleurs lancé d'autres investigations pour étayer certains faits avancés dans cette livraison. On aura donc l'occasion d'en reparler.

Pour rappel, Marie Rose Adélaïde Rolland est née à Plessé en 1873. Fille de modestes agriculteurs, elle reçoit une instruction primaire, puis reste à la ferme. Sa vie prend un tour décisif quand elle décide de devenir institutrice à 22 ans  : elle y arrive "en étudiant la nuit à la lueur de la bougie". Ainsi, après avoir à 25 ans passé avec succès le brevet élémentaire, devenant institutrice suppléante, elle réussit le brevet supérieur et devient titulaire.

Elle a une sœur de six ans sa cadette, Mélanie, qui lui emboîte le pas dans le métier. Les deux sœurs passent vite pour des missionnaires de l'école laïque dans une région pas forcément très accueillante de ce point de vue. Mais elles contribuent par leur action à l'essor de l'école républicaine à Guémené.

Pour rappel également, Marie Rolland avait cru que la configuration géologique de la commune de Guémené permettait d'envisager la présence de pétrole dans ses sous-sols. Elle finit par obtenir le droit de mener des forages à ses frais (et à ses dépens) dans divers village, dont ma Hyonnais où l'on peut voir un maigre tuyau métallique rouillé sortant du sol qui serait un vestige de ces vains sondages pétroliers (dommage...).

Toujours pour rappel, elle entre dans la Résistance dès juillet 1940 sous le pseudonyme d'Annick, puis rencontre le responsable du réseau Buckmaster, qui hélas sera capturé et fusillé au Mont Valérien. Annick met alors sur pied ses propres réseaux, bientôt rattachés au maquis de Saint-Marcel, dans le Morbihan.

Identifiée et recherchée par la Gestapo, elle se cache dans la région. Septuagénaire et presque impotente, elle participe activement à la Libération de l'Ouest, contribuant à la capitulation des forces allemandes de la région de Plessé (elle aurait été une des rares femmes à recevoir la reddition d'un général ennemi). Médaillée de la Résistance pour "faits exceptionnels rendus à la Résistance", elle se consacre après-guerre à la défense des droits des résistants et des victimes de guerre.

Mais voici ce qui est plus nouveau : l'engagement précoce de Marie Rolland auprès de la Ligue des Droits de l'Homme et dans la Franc-Maçonnerie.

Elle rejoint la Ligue des Droits de l'Homme (fondée en juin 1898) au début du XXème siècle. Marie Rolland se rend bientôt célèbre en intentant un procès au maire de Saint Nazaire qui avait voulu contraindre sa secrétaire de mairie à inscrire ses enfants à l'école religieuse. Elle gagne : désavoué, ce maire fut destitué.

C'est dans ce contexte, le 12 août 1906, qu'elle rencontre la Franc-Maçonnerie: elle est initiée dans la première loge du Droit Humain dans l'Ouest, à Auray. Le Droit Humain (fondé en 1893) est la première organisation, dans l'histoire de la Franc-Maçonnerie, à accueillir des femmes. 


Marie Rolland s'implique fortement dans ce nouvel engagement. Ainsi, avec Mélanie sa sœur, elle participe à la création en 1908 du Triangle de Nantes (devenue en août 1909 la Loge n° 32, puis baptisée «Guépin» quelques années après) dont Marie Rolland est le premier Vénérable (présidente). Avec Mélanie encore, elle fonde les loges de Rennes et de La Roche-sur-Yon que d'ailleurs les deux sœurs fréquenteront.

Dans ces loges elles militent ardemment pour l'émancipation de la femme, l'amélioration du sort des travailleurs et l'éducation des enfants et des adolescents. Présentes dans tous les congrès et Convents (assemblées générales) du Droit Humain, elles prirent une part active à ses travaux.

Ainsi, en 1912 Marie Rolland est députée de la loge d'Auray et prend la présidence du Convent, tandis que Mélanie, députée de la loge de Nantes, rapporte sur la question sociale consacrée au travail des femmes dans l'industrie. Au Convent de 1913, Marie rapporte sur la question sociale (la nationalisation de l'enseignement). En 1921, Marie Rolland occupe le "grade" de deuxième Surveillant ("adjoint" du Vénérable) et Mélanie celui de Secrétaire (personne qui tient le journal des travaux de la loge).

Les sœurs Rolland vont  connaître une grande ascension dans les instances dirigeantes de l'organisation maçonnique. Ainsi Mélanie est élue au Conseil National dont elle devient la trésorière, puis réélue en 1924 pour un second mandat. Marie fait partie du Suprême Conseil de 1929 à 1946 atteignant par conséquent - comme Mélanie - les plus hauts degrés de responsabilité.

La vieillesse et les événements n'éloigneront pas Marie Rolland de la Maçonnerie: en 1945, elle aide en effet à la reconstruction de la loge "Guépin" à Nantes et de la Fédération française du Droit Humain. Elle assiste à son premier Convent d'après la guerre, en 1945.

Marie Rolland s'est encore investie dans de nombreux autres domaines : outre le pétrole déjà mentionné, elle s'intéressa au kaolin, à la remise en exploitation d'ardoisières désaffectées ou à l'installation de laiteries coopératives !..

Retraitée à partir de 1929, elle se retire en Dordogne et achète une ferme à Limeuil où sa sœur Mélanie la rejoint. Elle s'initie à la culture du tabac, reprend ses projets de création d'une laiterie mais revend la ferme. Elle s'installe alors à Mérignac avant de revenir à Guémené-Penfao où, avec Mélanie, elle achète une petite maison au Bout des Ponts. Elle y meurt d'une crise cardiaque le 21 mai 1947.


Grande femme dont je n'ai même pas une photo à montrer !

samedi 27 octobre 2012

La Résistance à Beslé.


J'ai trouvé sur Internet un petit fascicule qui relate, de la main même de ceux qui en furent les héros, les faits de Résistance survenus dans notre région, et plus particulièrement à Beslé.

Ces notes, publiées en 1985 par des membres de l'Amicale des Anciens du 2e Bataillon F.T.P.F.-F.F.I. de Loire-Inférieure, permet d'éclairer l'héroïsme ordinaire de certains de nos concitoyens.

J'ai choisi, à peu de corrections près, d'en donner le texte comme je l'ai trouvé. J'y ai ajouté une anecdote produite dans le même ouvrage, qui me paraît conclure parfaitement cette petite histoire, et qui, par ailleurs, évoque Guémené. Voici :


Le groupe de résistance de Beslé-sur-Vilaine est camouflé au début dans le bourg de Beslé, puis à la ferme de Boudafay, chez Mme veuve Letort, et surtout à la ferme des Martinais, protégée par des tranchées (abri chez Mme Martin Valen­tine).

Les principales activité du groupe consistaient en :


- hébergement de camarades en illégalité et de chefs de la Résistance, parmi lesquels : Jean Le Gal (Jean), responsable d'Ille-et-vilaine ; Charles Le Joncour, adjoint au Docteur Le Janne ; Louis Pétri, Commandant de Rennes.

- diffusion de tracts, confection de fausses cartes d'identité, vol de carburant à l'ennemi, entrepôt d'armes et d'explosifs ;


- sabotages des voies ferrées. Beslé-sur-Vilaine étant un centre ferroviaire limitrophe de l'Ille-et-Vilaine et du Morbihan, les activités du groupe se sont étendues à plusieurs départements. 

Les messages de la B. B. C. pour le secteur : "Les lunettes sont en bois" et "Le camion est en panne", la veille du débarquement, étaient les mots d'ordre des sabotages des lignes de chemin de fer :

Guer - Rennes ;
Rennes - Beslé ; 
Guer - Messac ; 
Guer - Ploërmel ; 
Messac – Rennes ; 
Beslé - Redon ; 
Messac - Questembert.

L'objectif fixé par le Q.G. de Londres était de paralyser tous les "panzer" cantonnés autour de Guer (50km au Nord-Ouest de Beslé), dont le transport par chemin de fer avait été prévu pour des raisons de rapidité et d'économie de carburant.

Les sabotages ont obtenu un plein succès, puisque les colonnes blindées mirent 9 jours pour se rendre sur les zones de combat :

- sabotages des signaux et des téléphones de la gare de Beslé ;
- sabotages répétés de la ligne à haute tension Pontchateau-Rennes (les sous-marins allemands ne pouvaient plus recharger leurs batteries). 

Le 17 juin 1944, les allemands font une rafle à Beslé. La majorité des résistants y échappa. Malheureusement, plusieurs furent arrêtés, dont deux déportés : M. Baudu et M. Danet.

Les allemands défoncèrent les portes chez les parents de Pierre Pinel et firent la fouille de la mai­son. Ensuite ils se rendirent à l'hôpital du Docteur Gentin à St Gildas des Bois pour arrêter Pierre Pinel. Ce dernier venait de s'échapper.

Il faut noter l'acte de Marcel Roumagère, se portant au devant d'une colonne de chars américains afin de leur éviter de sauter en arrivant au pont de Beslé.

Le nettoyage de la région fut effectué par le groupe, les prisonniers allemands étant remis à une pointe avancée de l'armée américaine à Derval.

Le ler août 1944, le groupe de Beslé rejoint le 2e Bataillon F.T.P.-­F.F.I. en formation à Nort-sur-Erdre.

Les opérations du groupe seront ensuite celles du 2e Bataillon :

- secteur du Gâvre, la Maillardais, la Madeleine jusqu'à fin septembre 1944 ; 
- secteur de Fégréac, Beaulieu, Bonvallon, Vieille-Ville (octobre 1944) ; secteur du Dreny, les Noëls, Beauvallon : fin octobre 1944 à fin janvier 1945 ; - Nantes : début à fin février 1945. 

Ceux qui le désirèrent, signèrent un engagement pour la durée de la guerre. La plupart des anciens du 2e Bataillon vont ainsi former la 3e Compagnie du 91e Bataillon du Génie divisionnaire.

La 3e Compagnie prendra position en ligne (sous-secteur Sud-­Loire, Vue, Buzay, les Rivières, le Pé de l'Ile ) tenue jusqu'à la mi-mai 1945 ( !), car des allemands tentent de quitter la "Poche de St-Nazaire" pour ne pas être faits prisonniers. 

Relevé fin décembre 1944, le 2e bataillon alla stationner début 1945 à Guémené. Il en partit pour Nantes ensuite, en cars, à destination de la caserne Cambronne, Place Waldeck Rousseau.

Les cars s’arrêtèrent au pont de Cens dans le Nord de Nantes. Les hommes en descendirent et défilèrent à pied jusqu’à leur destination finale. Ils avaient fière allure avec leurs sabots et leurs tenues de toute sorte. 

Un passant les dénomma « les va-nu-pieds superbes ».

mardi 17 juillet 2012

A la Mémoire de Marie Rolland

J'ai déjà évoqué dans des posts précédents la figure de Marie Rolland, enseignante à Guémené, avant guerre, chercheuse de pétrole déçue, personnage clé de la Résistance aux nazis dans la région.


Ce matin, j'ai garé ma voiture sur le parking situé en contrebas de la mairie, à descendre vers le Don. Il y a là, à droite en regardant au sud, un petit square aménagé.


C'est un carré à peine remarquable, avec une pelouse, des massifs de fleurs, un coin avec des bancs.


Au milieu, serpente un petit sentier.


Une colonne de pierre avec un motif décoratif à peine visible ; une stèle basse où l'on lit à peine :


"RÉSISTANCE
ESPÉRANCE"


Une dalle de schiste où s'incliner.

Honneur à Guémené, qui sut rendre hommage à cette personnalité.









Si quelqu'un pouvait me procurer une photo de Marie Rolland, je la publierais bien volontiers, ainsi que tout témoignage intéressant sur elle. Merci d'avance.


dimanche 10 juin 2012

"Annick" Rolland


Voici la reproduction d'une notice bibliographique consacrée à Marie Rolland, institutrice à Guémené-Penfao, héroïne de la Résistance aux Nazis, évoquée dans mes deux posts précédents comme "héroïne" des recherches pétrolières à Guémené.

Cette notice, due semble-t-il à Annie Plumelet, comme plein d'autres sujets, est disponible sur le site :

www.chateaubriant.org

Si l’on évoque la Résistance dans le Pays de Guémené Penfao, il faut d’abord parler de Marie Rolland, connue sous le pseudonyme de « Annick ».

Marie Rolland est née le 15 mars 1873, au Coudray-Plessis, dans une très modeste famille d’agriculteurs. Après avoir obtenu son certificat d’études primaires, elle réussit à passer le Brevet Elémentaire, et le Brevet Primaire Supérieur, tout en travaillant à la ferme, pour devenir institutrice. 

Elle poussera sa sœur dans la même voie. Toutes les deux deviennent institutrices titulaires à Guémené Penfao.

Marie Rolland a 67 ans lorsqu’elle assiste à la débâcle de 1940 et participe alors à la Résistance. Par exemple, elle recueille et cache 47 membres de l’équipage du Lancastria, atteint par une bombe dans ses chaudières. Ces 47 hommes regagnent l’Angleterre par petits groupes, aiguillés par sa main ferme.

« Annick » fait la connaissance de « Alexandre » en 1943, un des responsables du réseau Buckmaster (et qui sera fusillé au Mont Valérien). Elle met sur pied ses propres réseaux de résistance, lesquels sont bientôt rattachés au réseau du maquis de St Marcel (près de Malestroit, dans le Morbihan).

Mais la Gestapo l’a identifiée et la traque. Sa tête est mise à prix, elle doit se cacher. Blain, Châteaubriant, Le Croisic, Redon, Vannes, voient cette femme impotente prêcher la confiance dans les destinées de son pays. Elle veille à tout, organise la réception des parachutistes envoyés en renfort et voit le jour du débarquement : 6 juin 44.

Avec ses FFI, elle oblige les Allemands de la région de Plessé à se rendre, et c’est elle qui reçoit la reddition du général-commandant ce secteur à qui elle dit : »c’est à une vieille femme que vous venez vous rendre ». Elle continue ensuite à se consacrer à la défense de ceux qui lui firent confiance, à faire connaître leurs droits ? La vrai Résistance, pour elle, doit être magnifiée.

Faite « compagnon de la Libération », distinction rarement accordée à une femme, elle reçoit des mains du Général de Gaulle cette suprême décoration pour SERVICES EXCEPTIONNELS rendus à la Résistance. Retirée dans sa maison du bout des ponts à Guémené, elle sera emportée par une crise cardiaque en octobre 1946.

Elle a symbolisé l’idéal de liberté, de Justice et de Paix, n’en déplaise à ses détracteurs d’hier et d’aujourd’hui.



Je ne sais pas qui sont ses détracteurs. Mais s'il s'agit bien de la même personne qui chercha du pétrole à Guémené et fit partie de la Résistance (il n'y a pas de raison d'en douter), alors l'article de Ouest-France de 1991 utilisé dans le post précédent est minable de ne pas souligner ses mérites.