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dimanche 7 novembre 2010

La Pharmacie Adam : 2 - Le cidre

Comme je l'ai dit précédemment, j'ai trouvé un "prospectus" de la bonne vieille Pharmacie Adam, ainsi qu'un catalogue publicitaire de bons produits Adam....pour les animaux et pour le cidre !

Commençons par les hommes, avec ce prospectus rose qui vante un "rince-fûts" idéal et pas cher, pour disposer d'un bon cidre :



Mais ce n'est pas suffisant et, plus généralement, c'est tout le processus du cidre qui fait l'objet de l'attention de la Pharmacie Adam.

Comme il paraît difficile de "guérir" ce breuvage, il faut l'empêcher de tomber malade : c'est imparable. Et justement, ça tombe bien, il existe l'Anti-Ferment qui est le défenseur du cidre et de l'orphelin.

Bien entendu, faudrait voir à ce que les fûts ne sentent pas la mort : ce n'est pas pour rien que la Pharmacie Adam se décarcasse : avec le Rince Fûts Adam, ça sent la rose (enfin ... : la pomme).

Et comme après tout ça on n'a pas que ça à faire, on mettra un peu de Poudre Accélérante (Adam...) pour que les levures agitent leurs petits bras et pédalent un peu plus vite.



On peut se demander si après un tel traitement le buveur de cidre ne tombait pas malade...: sûrement que le catalogue pour guérir les hommes avait alors les bons remèd' !

Pratiques funéraires d'antan

Là, on ne rigole plus : je voudrais parler de la mort.

En lisant les vieux actes de décès on découvre (ou redécouvre) des pratiques anciennes, qui jettent une lumière sur les usages ou les préoccupations de nos aïeux.


Je m'inspire pour ce post d' actes relatifs à deux de mes anciens parents.


L'un, Mathurin Monnier, est décédé au village de La Brulais à Pierric vers 1800 (précisément le 14 ventôse an VI) et l'autre, Vincent Guérin, est mort à Guémené dans sa maison du Calvaire, section (frairie) de Saran, en 1796 (18 fructidor an IV).

Visiblement, le constat de décès relève des prérogatives de l'officier municipal. A cet effet il doit par conséquent voir le défunt.


Dans le premier cas, on découvre qu'en cas de décès, il y avait, à Pierric, un local prévu pour recevoir les cadavres où ensuite l'officier municipal venait constater la situation avant d'autoriser l'inhumation.





Dans le second cas, l'officier se rend au domicile du décédé, mais ce qui étonne c'est la formulation retenue vers la fin de l'acte de décès à la fois crue et maladroite, relevant quasiment de la langue parlée alors qu'il s'agit d'un imprimé administratif.


L'officier municipal s'étant rendu sur les lieux, y déclare en effet : "(avoir) effectivement trouvé un cadavre humain mort".




Comme si d'une part on pouvait s'attendre à trouver autre chose qu'un cadavre humain ; et comme si surtout, un cadavre pouvait ne pas être mort !

lundi 1 novembre 2010

Avessac : distribution de calottes à l'enterrement

Il y a eu une période bénie où l'anticléricalisme s'en donnait à coeur joie...
Voici un article issu d'un périodique anticlérical d'avant la guerre de 14, qui relate les démélés d'un "paroissien" d'Avessac (ou plutôt de sa veuve) au moment de son enterrement.
Le journal en question s'appelle "La Calotte" et il s'agit de l'édition du 16 juin 1912.

Amis, appréciez :



Le secret de la saucisse de Francfort est (sûrement) parti de Balleron

Il s'en passe de belles dans nos campagnes, si j'en crois ce qu'on lit dans l'Ouest-Eclair du 13 janvier 1916 !


Non ! il ne s'agit pas d'une quelconque Matahari vendant de pauvres secrets militaires aux Boches : non, c'est bien pire !


Là, on touche à l'espionnage industriel, au pillage du fonds gastronomico-culturel de notre patrie, celui dont les effets durent encore.

Jugez-vous même ce crime dont bruissent les colonnes de l'ancêtre de notre Ouest-France :




Le journaliste de Ouest-Eclair qui écrit ces lignes, est tellement ému par l'énormité de la chose, que "Balleron" devient "Balcon". Sans doute était-il aux premières loges...

On relèvera toutefois la sobriété de l'article, indice que l'enquête n'était sans doute pas terminée et que tous les tenants et aboutissants n'étaient pas encore mis à jour.

Ce qu'il ne dit pas en effet, mais que l'on peut bien dévoiler aujourd'hui à la lueur des archives militaires, c'est que la personne qui a acheté les bonnes saucisses de Balleron était un agent de l'Abwehr de l'époque !


Et c'est ainsi, que forts d'un échantillon de 35 saucisses de Guémené-Penfao, chimistes et industriels allemands n'ont eu évidemment aucun mal à concevoir la saucisse soit-disant de Francfort.

dimanche 5 septembre 2010

Dans les combles du manoir de Juzet, un nègre est mort

Mettons que Bernard Guyomard avait 50 ans et qu'il était à Guémené depuis une vingtaine d'années.

Bernard travaillait comme valet pour Louis François de Poulpiquet, Comte du Halgouët.

Bernard est mort au début du printemps de 1682 dans le galetas où il séjournait, au château de Juzet.

Bernard a été enterré dans la chapelle de Juzet, le 24 mars 1682.

Bernard était né dans les Iles de Madagascar ("Madiscar" pour le vicaire qui l'enterra !) et fait prisonnier dans son enfance. Ramené en France, il fut baptisé à Nantes paroisse de Sainte Radagonde.

On imagine la vie de Bernard, à Nantes, chez de braves bourgeois qui firent son "éducation" et qui le montraient à leurs amis comme curiosité. On imagine le spectacle du Comte du Halgouët de l'époque, avec son valet ; on imagine le "qu'en-dira-t-on" dans les chaumières de Guém'neu.

Bernard était un "nègre" et nul ne saura son vrai nom.

Vous qui passez devant la chapelle de Juzet, ayez une pensée pour "Bernard", pauvre nègre des Iles, mort improbable à Guémené Penfao.


dimanche 29 août 2010

Qu'est devenue la lampe d'argent de l'église ?

Le 15 août d'il y a 235 ans, une lampe d'argent a été offerte à l'église de Guémené.
L'avez vous vue ?





dimanche 6 juin 2010

Tous au vélodrome !

Le Vélodrome de Guémené a été inauguré en 1924.

Le programme inaugural était très alléchant, mêlant le sport cycliste (avec la fameuse course "américaine"), la gymnastique édifiante ("athlétique"!) et la fête populaire (retraite aux flambeaux).


Je ne sais pas ce que représentent les prix des places (3 francs 50 en tribune, 2 francs 50 en "premières" et 1 franc 50 en "secondes", comme dans le train !). Mais j'espère que ça n'a pas empêché la population de s'y rendre en masse.




Ce que j'ai connu moi, ressemble à ça (photos ci-dessous) : on y voit encore la minoterie et les agrès où je venais grimper dans mon enfance. On remarque l'espèce d'échafaudage en bois, au milieu, où l'on suspendait un feu d'artifice en forme de vélo.

On ne le voit pas sur ces photos, mais j'aime bien aussi les guichets à l'entrée, avec l'ouverture dans le mur.

On devait avoir bien mal aux fesses, dans la tribune même à 3 francs 50 !





Les plus grands cyclistes des années 60 - sans doute de l'après guerre - venaient courir après le Tour.

Les commerçants offraient des prix (on voit leur publicité sur l'extérieur de la piste : Ménard, Briand, Janvier, Rouaud, Trivière...) :

"Monsieur X, offre 50 francs, 5000 anciens francs..."



La minoterie est détruite (mon arrière grand-mère y a travaillé...) : pas imaginable que le Vélodrome disparaisse !


Mais j'ai entendu dire qu'il y avait pourtant un projet de démolition ....