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samedi 19 janvier 2013

Jean Friot, héros français et belge (2)


Dans ce second article consacré à Jean Friot (cf. post du 13 janvier dernier), premier mort de Guémené en 1914, je voudrais revenir sur les "honneurs rendus" à celui par qui l'hécatombe tragique de la première guerre mondiale fit son intrusion dans la vie des habitants de Guémené, parents, amis ou voisins de soldats au front.

Ces hommages concernent aussi bien la ville natale de ce héros qui s'ignorait, que la ville où il ignorait qu'il finirait.

Jean Friot dispose d'une avenue à Guémené et d'une rue à Courcelles, près de l'endroit où s'acheva sa brève existence.

A Guémené, cette avenue de la périphérie du bourg est bien discrète et n'a rien de particulièrement remarquable. La voici en quelques photos où l'on voit bien que l'on n'est pas sur une avenue monumentale style "Champs-Élysées" : on y décèle comme l'hésitation d'une voirie qui peinerait à s'imposer.

Pour autant, ce coin paisible et assoupi présente au regard qui s'attarde une belle façade de grange ancienne avec, à côté, une jolie entrée de propriété cachée par une frondaison.









 A Courcelles, en Belgique, la rue Jean Friot paraît encore plus perdue. Située près du lieu de la fin tragique du cavalier guémenois, c'est une petite rue délabrée qui fait angle avec la rue de l'Estacade, entre maisons et campagne, comme l'attestent les images ci-dessous.







Évidemment, il n'avait pas choisi de mourir dans un endroit si peu avenant, et il est difficile d'en vouloir à qui que ce soit de ce que la rue Jean Friot de Courcelles n'ait rien de très solennel ou de très célébratif par ses apparences.

Au total, la toponymie des voiries françaises ou belges ne conduit pas à un hommage rendu au pauvre cavalier défunt, qui soit particulièrement remarquable.

Mais Jean Friot est rappelé à la mémoire des hommes par d'autres signes.

C'est sans doute la municipalité belge de Courcelles qui a le plus fait en la matière. Voici d'abord un monument commémoratif assez conséquent par sa taille, édifié à l'endroit où tomba Jean Friot : un enclos renferme une stèle de taille appréciable où figure en médaillon la photo du soldat français "embrassée" par une palme.

La première photo montre le monument une fois achevé, les arbustes qui en peuplent la partie postérieure ayant déjà pris leur essor. La seconde photo est sans doute plus ancienne : rien d'autre que la stèle gravée (avec la palme) y figure dans un paysage désolé.




A Guémené propre dit, aucun édifice ne commémore le héros de Guénouvry dont le nom ne figure pas sur le monument au mort du cimetière. Il faut aller précisément au cimetière de Guénouvry pour y trouver trace de l'épisode qui nous préoccupe aujourd'hui.

Certes, le nom du cavalier est gravé parmi ceux des autres victimes de Guénouvry sur le monument au morts. Mais plus encore, une petite niche vitrée située à la gauche de ce monument recèle un coffret contenant de la terre de Courcelles. Un écriteau à l'encre et à la calligraphie passées, indique que ce coffret a été remis le 22 juin 1958 par la municipalité de la ville Belge, à la faveur des cérémonies de jumelage avec Guémené.





On ne peut cependant s'empêcher d'être un peu surpris par l'implication de la ville de Courcelles à éterniser le souvenir de Jean Friot, plus forte au totale que celle de Guémené (autre signe traduisant d'ailleurs l'impact du décès de Jean Friot à Courcelles : le récit de la mort du jeune français, tel que relaté par un historien courcellois, que j'ai reproduit dans le post précédent)...

Mais enfin, l'esprit de clocher et Guémené l'emportent en ce qu'il existe un Boulevard de Courcelles à Guémené alors qu'on se contente d'une Cité Guémené Penfao à Courcelles...Appréciez la différence :



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