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samedi 13 février 2016

Au Pied Mignon (2)


Quelques compléments par rapport à l'article précédent.

Le grand père de Cuisinier Aîné, marchand de chaussures à Massérac dont il a été question dans le dernier post, était teinturier à Beslé quand il s'est marié à Massérac, en juin 1835 (la période de l'année où se tient le mariage confirme que nous ne sommes pas dans le monde paysan). Il eut un fils, François, né en 1838, père de notre héros.

Je ne sais si c'est l'effet lointain des teintures du papy, mais notre héros était blond, de sourcil et de cheveu, et ses yeux avaient une teinte gris-bleu.

Il n'avait plus l'âge de mourir pour la Patrie en 1914 et put donc défendre en toute quiétude les orteils et les plantes de pieds du bocage masséracéen.

Hélas, tel n'était pas le cas de son jeune frère, prénommé François comme lui. Peut-être l'épithète Aîné accolée à Cuisinier vient-elle de cet étrange doublon de prénom dans la même fratrie.

Ce jeune homme, né en juillet 1892, termina son existence à 25 ans, fin avril 1918, à l'hôpital mixte d'Amiens, succombant à ses blessures. C'était un artilleur, canonnier servant au 276ème Régiment d'artillerie. Il était brun et on ne sait trop où il est enterré.

Toujours est-il que le vieux François Cuisinier pouvait contempler son nom, celui du jeune François Cuisinier aussi, sur le monument aux morts de Massérac, à l'entrée de la rue principale du village quand on vient de Guémené.

Mais malgré les sacrifices à Dieu, la France et la République, la vie continue, comme les affaires.

Quelle meilleure preuve en apporter que ces effets de commerces, ces billets à ordre soit d'avant la guerre (1894, 1899), soit d'après (1928).

Avant comme après, on commande à Nantes, Fougère ou Amiens, car à Massérac, tout près de Guémené, les pieds sont insatiables et tels des enfants, se moquent du temps qui passe, de la guerre qui tue, des pieds qui ne reviendront pas...

A quelle était belle l'industrie française de la chaussure en ce temps-là !

Voici la maison Lahausse & Belmont qui dispose d'une "usine à vapeur" au 228 rue de Vaugirard à Paris et de deux autres fabriques en province. 


Ou encore, à Fougère, Ange Morel la marque "Au Coq", primée aux expositions ou Rollin & Morel...



On trouve aussi Gustave Lemoine, manufacture sise à Nantes, 16 rue Saint Similien.





















Sans compter Prévôt - Blondel & Lévêque, manufacture de chaussures & galoches à Amiens.


Voire Peyronnet Fils (Perrouin Frères Successeurs) à Nantes, cordonnerie modèle primée à l'Expo Universelle de 1889, où les produits sont cousus main...





















Mais le monde de la chaussure s'est englouti, comme les frères Cuisinier. 

Restent juste les bouts de papier que produisent les hommes et leur activité.















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