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samedi 30 mars 2013

Tout ça n'est pas bien Claire


Une lectrice de Guémené a récemment attiré mon attention sur des évènements survenus dans son village et sa maison. Et je la remercie vivement : grâce à elle un nouvel article de ce blog voit le jour, auquel d'ailleurs elle n'a pas peu contribué.

Un document que j'ai trouvé tout récemment me permet d'éclairer quelque peu les faits.

Il y a un peu plus d'une vingtaine d'années, un petit groupe de religieuses est venu s'installer dans une propriété de la Landezais, hameau que l'on trouve en allant sur Massérac, en face de la Chapelle St-Yves, non loin de mon petit bois.

Sans doute ravies des conditions que présentait ce village, ces religieuses entreprirent des travaux d'aménagement dans leur "petit couvent" : une grange à charrettes fut transformée en "chapelle" où, semble-t-il, une tribune (ou mezzanine) fut construite afin qu'elles puissent assister à la messe à l'écart du "monde".

On trouve encore ici où là des traces de travaux qui témoignent de l'usage religieux passé des locaux : marque du piétement d'un autel, vestige d'un confessionnal...

Il paraît qu'enfermées derrière les murs de leur propriété, elles processionnaient dans le jardin en tenant un grand crucifix, seul indice de leur activité que pouvaient entrevoir les voisins. Peut-être ces trous dans le mur de la maison de ma lectrice et informatrice sont-ils la marque de l'emplacement du fameux grand crucifix...

Ces soeurs "occupèrent" aussi pendant un temps, la toute voisine Chapelle St-Yves (quelques mois apparemment).

Renseignements pris, il s'agissait d'un groupe de clarisses dissidentes arrivées "en Bretagne" en mai 1990.

Les clarisses ont en principe une règle plutôt sévère et doivent normalement "rester en clôture". Mais, pour les clarisses nouvellement arrivées à Guémené, les nécessités de leur subsistance et celles de leur installation ne permirent pas d'abord ce retranchement.

Sans être recluses, elles vivaient cependant à l'écart de l'Eglise et de ses représentants locaux : aucun contact avec l'Ordre duquel elles se réclamaient, avec la hiérarchie catholique du diocèse ou avec le curé de Guémené de l'époque.

Pourquoi ? Parce qu'elles étaient tout simplement en rupture d'Eglise, à laquelle elles reprochaient les orientations funestes (à leurs yeux) prises par le Concile Vatican II, au début des années 1960.

Elles revendiquaient toutefois leur engagement de clarisses, leur croyance en l'Eglise romaine et leur attachement aux traditions nécessaires, à leur sens, pour garder la Foi.

Pour elles, les décisions du Concile Vatican II avaient tout simplement institué une nouvelle religion dans laquelle elles ne reconnaissent pas. Dès lors, estimaient ces religieuses, tous ceux, Papes ou prêtres, qui prêchaient cette nouvelle religion étaient "anathèmes" et elles ne leur devaient par conséquent aucune attention ni obéissance. Voilà pourquoi, elles ne voulurent avoir aucun lien avec la paroisse de Guémené.

Faute de ces bergers, justement, que sont les prêtres, les évêques et les Papes, elles s'en remettaient à la miséricorde de Dieu pour les guider, mais aussi pour porter remède à la déviation néfaste où s'était engagée l'Eglise moderne.

Leur "chef" paraît avoir été une certaine "Soeur Marie-Claire du Christ-Roi". Tout une promesse...

Cette affaire se dissipa comme elle était venue. Les dissidentes partirent un beau jour, sans doute fin 1990, et allèrent s'installer à St-Aubin-des-Chateaux, du côté de Chateaubriand.

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