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dimanche 17 novembre 2013

Marguerite Ménard raconte


Un des tous premiers posts était une vidéo issue de Dailymotion où une femme racontait en patois une histoire tirée des rimiaux de l'abbé Chenet.

En cherchant sans chercher, je me suis rendu compte que d'autres textes du bon abbé avaient été enregistrés par cette personne.

Les vidéos sont ci-après. On y voit Marguerite Ménard chez elle avec parfois son mari (?) à ses côtés. Les enregistrements, réalisés non loin de Guémené, à Vay, datent d'août 2008.

Les rimiaux mettent en scène des personnages de la région : médecin, curé,  maire ou paysans confrontés à la modernité qui gagne les campagnes. Bien entendu, ils font l'objet d'une gentille moquerie qui pointe leurs travers, leur ignorance ou leur finesse.

Je ne me souvenais pas de l'histoire des Saints de Beslé, intéressante par sa construction, car elle montre trois personnages et un rebondissement : le curé de Massérac transi de peur à l'idée de voir débarquer son évêque et qui fait une bêtise, un évêque colérique, un autre curé, celui de Beslé, plus astucieux.



La Mère Mariette - Les Histoires en Gallo - M... par Albert2121



Les Saints de Beslé - Histoires en Gallo... par Albert2121


Le Remède à deux fins - Histoires en Gallo - M... par Albert2121


L'éléctricité à Guémené - Neness 2008 par Albert2121


La Soupe aux Choux - Les Histoires en Gallo - M... par Albert2121


Le Discours du Maire - Histoires en Gallo - M... par Albert2121

Ces histoires étaient apparemment assez connues, avant la "Guerre de 40". J'en veux pour preuve cet article de Ouest-Éclair du 18 mars 1938, qui décrit une émission radiophonique "musicale" axée sur la culture régionale. Au milieu du programme, se trouve un "intermède parlé" où deux des rimiaux enregistrés en 2008 par Marguerite Ménard, sont proposés.

Leur auteur, l'abbé Chenet, avait publié ses historiettes en patois de la région de Guémené entre 1920 et 1935 (trois éditions), avec semble-t-il un certain retentissement.

On est heureux d'apprendre, à la fin de l'article, que "cette audition radio-diffusée a été favorisée par une excellente transmission"...

L'Ouest-Éclair (Éd. de Nantes)
L'Ouest-Éclair (Éd. de Nantes)
Source: gallica.bnf.fr


Le signataire de l'article, Paul Ladmirault, était un critique musical réputé et un compositeur prolifique, qui fit, dans ses chroniques, beaucoup pour la musique savante contemporaine (Fauré, d'Indy, Franck, Chausson...). Il était membre du Parti National Breton et créa des oeuvres d'inspiration celtique. La "Schola" est probablement la "Schola Cantorum de Nantes" (créé en 1913, ce choeur célèbre donc son centenaire cette année) dont faisait partie Antoinette Berthomé, mentionnée dans l'article. Ci-dessous un extrait d'une oeuvre de Paul Ladmirault :

dimanche 17 mars 2013

Le dernier recueil d'Eugène Cogrel


Je ne connais pas personnellement Eugène Cogrel qui, avec beaucoup de mérite, entretient depuis des années, par la voix et par la plume, la mémoire de la culture populaire de Guémené, et de sa langue.

Il a publié il y a quelque temps un nouveau recueil de contes ("Eugène Cogrel raconte", environ 410 pages, 24 euros) que je viens de me procurer à l'Office du Tourisme de Guémené. Il comprend 82 histoires écrites à la fois en patois de Guémené (ou si l'on préfère en Gallo) et en français. Idée de génie, un CD, fait d'enregistrements d'Eugène Cogrel en public, accompagne le livre.


Je n'ai pas fini de lire ce bouquin, mais j'ai écouté toutes les histoires du CD et je ne regrette déjà pas mon achat : c'est souvent drôle et cela s'ancre dans le Guémené des deux derniers siècles. Je vous le recommande donc.

Je le fais d'autant plus librement, que je n'aime pas du tout la façon dont Eugène Cogrel transcrit le parler de Guémené. Je ne vois pas l’intérêt, en effet, d'obscurcir la compréhension du texte par des conventions d'écriture qui n'apportent rien, si ce n'est l'illusion d'une soit-disant langue originale, différente du français.

Comme je fais ce que je veux sur ce blog, j'ai pris une partie d'un des meilleurs contes ("Ma grand-mère et son bouchon d'écuelle") et je l'ai retranscrite à ma manière (sans doute également très critiquable...)

Bien sûr que j'utilise aussi des conventions d'écriture, mais j'essaie de les cantonner aux prononciations sans équivalent en français  (hh pour le "h" fortement aspiré ; "an-in" pour représenter la prononciation des "an" qui se traînent en "in" évanescents ; "àou" pour la diphtongue "au", l'accent tonique portant sur le "a".). A l'inverse de la graphie cogrelienne, j'ai chaque fois que possible essayé de conserver l'orthographe française.

Voici en tout cas une histoire facétieuse et "rurale", mais aussi pleine d'enseignements : si par exemple vous aviez "l'enteurfesson échaouffeu l'éteu prouchain", vous y trouveriez un remède de grand-mère tout à fait efficace...

***

Ma grin-and-mère et son bouchon d’écuelle

C’que je m’souviens l’ pus de ma grin-and-mère, c’est son bouchon d’écuelle.

Ç’ateut quaï, un bouchon d’écuelle, le savous ? La grin-and-mère, quin-and èl’ en vleut yin tout neu, èl’ alleut din-ans eul’ coin à dreute, è’ défronmeu le batin-ant de l’armouère en chêne (que ç’ateu son grin-and-père a yelle qui l’aveut faite et qu’c’é maï qui ‘n’a hériteu) et peurneut en’ morsé de tail’ de len’ din-ans eul rintieu d’en’ cheumins’ de son bounonm’.

O les grin-ands cisiàou à touzeu les oueilles, èl’ tailleut en’ carreu, èl l’épénicheut conm’ il fàout et hop, èl’ jeteut eul’ morsé d’tail’ din-ans l’chàoudron naï, lu qui’teut pendu din-ans la chmineuï du matin au saï et du saï au matin…

C’é din-ans ce chàoudron-là que le bouchon d’écuelle passeut pu d’la maïtieu de son tin-emps, trempeu din-ans l’iàou chàoude ou ben freude, ben claire ou ben graissouse.

Le bouchon d’écuelle, ça serveut à tout : faire la vaisselle d’abord, i’ torcheut les écuelles et les piats, i’ torcheut la tab’ apreuï que le balai de g’neuts aveut outeu èl’ pu grous.

I’ serveut oussi à netayeu l’armouère, èl’ buffet, lé bin-ancs, les rouleaux du lit à ridiàoux, et cor èl’ billot pour hacheu la viin-ande, le grin-and bin-anc pour tueu le poursé et l’échelle pour le pend’ ! Faut dire que pour faire tout ça, le chàoudron naï suiveut le bouchon d’écuelle ou ben l’contraire. Is’ quitteuent point….

Sans son bouchon d’écuelle, ma grin-and-mère areut éteu perdue, pa’ce que i’ serveut à ben àout’ chouse. Quin-and mon frère et maï on teut cor tous p’tits queniàou, qui c’est qui nous a torcheus ? Eh ben c’est èl’ bouchon d’écuelle ! La grin-and-mère diseut yel’ : « La fouère de queniàou c’nest pas du pouéson, i’ n’beuvent que du lait ! ».

Le matin, les vaches aveuent-elles le peu bousou ? En’ coup d’bouchon d’écuelle.

La boun’ fonm’ aveut-elle de la bouse de vache su’ la goule (C‘est qu’ les queues d’vaches c’nest pas tout l’ temps prop’, et n’ça n’eurgarde pas euyoù qu’ça va) ? Eh ben cor en’ coup d’bouchon d’écuelle !

Mon frère et maï, quin-and oun a éteu d’âge, avin-ant d’alleu à l’école tou les matins, la viette au chat, o quaï teut-elle faite ? Eh ben avec le bouchon d’écuelle ! Ni l’un, ni l’àout’, on a attrapeu d’boutons, jan-meuï d’la vie ! Ergardez don les queniàou asteur qui sont pourtin-ant ben mieux débarbouilleus, i’ sont peuturoneus d’ partout su’ la goule !

El’ grin-and-père aveut quèqu’ faï les fesses échàouffeues din-ans l’éteu, l’enteurfesson, quaï : eh ben en’ coup d’bouchon d’écuelle ben gras et d’la farinne de bié naï, et i eurparteut conm’ en quatorze !

En’ bouchon d’écuelle, ça n’ dureut pas tout l’temps longtin-emps, j’ direus même pas longtin-emps, desfaï. Je m’rappelle en’ faï, ç’ateut en’ lend’main d’tuerie d’ pourcé, eun’ veuï treuï qu’aveut yel’ fait tré porteuï de p’tit pourciàou, qu’aveut la couënne épaisse conm’ deux pouces, l’un su’ l’àout’.

Falleut terjous netayeu tous les orsiàou qu’aveuent seurvi pour faire le pateu, les boudins, les sàoucisses et l’fricaud du pot.

Le matin, la grin-and-mère peurnit en’ bouchon d’écuelle tout neu, à midi apreuï avèr min-angeu, pu mo-yen de l’eurtrouveu ! Et cherche que j’te cherche, hern de hern et ras de ras ! El’ jou’ d’apreuï, on a su euyoù qu’i’teut : rin qu’à vouèr el’ chien Gobmeça qui s’prom’neut li din-ans le hhàout d’l’aire en r’chignin-ant o en’ tir’pelisse à traineu sous la queue…

Enteur temps, la grin-and-mère ‘teut yèl’ alleuï à dreute din-ans l’fond. El’ aveut défronmeu le batin-ant de l’armouère en chêne (que ç’ateu son grin-and-père a yelle qui l’aveut faite et qu’c’é maï qui ‘n’a hériteu). O les grin-ands cisiàou à touseu les oueuilles, el’ aveut tailleu pi épeunicheu en’ dabon de taille de len’, din-ans en’ rintieu d’en’ cheumins’ de son bounonm’, et hop, el’ l’aveut chteu din-ans le chàoudron naï qui, du saï au matin et du matin au saï est pendu din-ans la chmineuï.

samedi 24 novembre 2012

Le gilet de peau (rimiaux)

Une fois de plus la cupidité paysanne est le thème de ce conte en patois rapporté par l'Abbé Chenet et transcrit ci-après : au fond, rien, même pas l'Enfer, ne peut détourner le paysan qui va mourir de garder l'argent mal acquis.

A vrai dire c'est sa femme, qui joue le rôle de conseillère, qui rationalise, auprès de son bonhomme au bord du gouffre éternel, le refus de se séparer de l'argent. En tant qu'héritière, elle a évidemment tout intérêt à trouver un bon argument.

Cette fois, le récit est écrit en vers octosyllabes dont j'ai un peu "limé" par endroit la version originale.

Et voici donc, où l'on apprend que le feu de Lucifer n'est qu'un inconvénient dont il est facile de s'accommoder.


Ça t'ait un gars du bourg de Mouais,
Un vrai voleur. Je vous l'assure,
Y'en a partout, c'est ben vrai. Mais
Ce copain-là passait la m'sure.
Il t'ait roublard, mais pas trop fin,
Sa fomm' tait cor' la plus avide,
Ça t'ait la fille à Jean Bertin,
Et tout comm' li, ell' tait cupide.
Un jour Julien tombit malade
Et fut sur l' point de terpasser.
Y s'confessit d'un air maussade
Au bon vieux cureu bien casseu
Qui dit : "Julien, l'argent d'autrui
Est à lui, il n'est pas à vous.
Faudrait l'rendre dès aujourd'hui
Car le demain n'est pas à nous.
Tous les voleurs vont en Enfer,
Vous le savez depuis longtemps,
Y brûler l'été comm' l'hiver
S'il ne le rend'nt auparavant."
Comme il l'avait fait tout' sa vie,
Julien voulut encore un coup
Consulter sa Jeanne-Marie
Qui devait dir' son mot sur tout.
- Jeann' lui répondit : "Mon pauvre homme,
L'Enfer, bien sûr, ça fait grand pou.
Tu t'y habitueras en somme,
Les premiers du temps c'est pas doux !
Mais rappell' te ton gilet d' peau
Qu' t'as pris après ta pluresie.
Les premiers jours sans aucun r'pos
Tu gémissais comm' un' harpie.
Et puis, à c't heur' t'es ben content :
On s'fait à tout, tout s'adoucit.
N' va donc pas rendre ton argent,
A l'Enfer, tu t' f'ras ben aussi.

Le remède à deux fins (rimiaux)


Je reprends la publication des rimiaux de l'Abbé Chenet. 

J'ai "mixé" deux versions du texte : l'une issue de l'édition de 1939 ; l'autre, peu différente, trouvée sur Internet. J'ai en principe vérifié que chaque vers soit bien un alexandrin...

Voici donc aujourd'hui l'histoire d'un remède à double emploi.

Ce conte stigmatise une fois de plus l'avarice des paysans et met en scène leur pragmatisme brutal. Il rappelle aussi, au détour de l'histoire, leur ivrognerie foncière.

Il égratigne également au passage les médecins, dont, en somme, la moitié guérit les malades sains...

Enfin, l'épilogue démontre qu'à défaut de sauver les animaux malades, le vétérinaire de Guémené (Bec-à-vin !) pourrait bien soigner les femmes...

Have fun ! comme on dit en (Grande) Bretagne.


Je n’ voudrais bien sûr point dir’ du mal des méd’cins :
C’est du mond’ comme les autr’ ; et y’en a d’ ben honnêtes,]
La moitié vous guériss' mêm’ quand vous n’avez rin.
Et y’en a qui val’ ben les siens qui soign’ les bêtes.
Mais dam’ y prenn’ pu cher, et ça vous coût’ des sous.
Et comm’ disait dans l’ temps, Jeulien d’ la Bazina
Perd’ sa bonn’ fomm’, ça compt’, mais perd’ sa vach’, c’est tout.]
Et j’ va vous dir’ l’histoir’ qu’arrivit à c’ gars là.
L’année, ou y’eut tant d’ cid’ qu’on l’ donnait aux gorets]
Et qu’on s’ soulait pour rin, quasiment sans piaisi
Sa vache avait enflé, enflé sauf vout’ respect
Comme la treuille à Nanon, et en mêm’ temps, voici
Que sa fomme aussi elle enflait comme un’ bouzine
Y’s’ dit : « Dam’, c’est pas rin, deux malad’ à soigneu.
Ben sûr, j'vas me ruiner à payer d’ la méd’cine,
Le méd’cin et l’hongreur. Faudra-t-y en donneu ! !
Mais à quoi bon les deux, pisque la pauv’ garette
Et Nan’ Marie, ma fomme, ont la mêm’ maladie.
Quérir deux médecins ? Dam’ point j’ se pas si bête
Le mêm’ f’ra ben l’affair’ et leur sauv’ra la vie.
Le méd’cin est pu cher: j’ vas chez l’ vétérinaire,
J’ vas li parleu d’ ma vache, y m’ donn’ra un’ potion
Et pour mes deux malad', dam’, ça f’ra ben l’affaire. »
Y fut donc à Guém’neu, trouveu Jean Bec-avin :
Il l’y prit pas trop cher, vantié ben deux pistoles
Dam’ ça n’ tait pas l’ voleu, auprès d’un vrai méd’cin.
Y l’y donnit qu'eq chous' de naill' dans un’ p'tit’ fiole.
Et Jeulien en fit boir' la moitié à sa Nane
Et l’ restant à sa vach’ qui malgré yell’ le prit.
Vous m’ crerez si vous v’lez, mais d’ la sacrée tisane,
La bourgeoise en guérit, s’ment la vache en kervit.

lundi 23 juillet 2012

"La Mèr' Mariette"


Voici un sixième rimiau en patois de Guémené, après "La Truie à Nanon", "La Soupe au choux", "Comment Mathurin Sicard ne put entrer au Ciel", "La chemise" et "Saint Goberien".

Comme pour "Saint Goberien", j'ai procédé à des modifications mineures sur le texte de l'abbé Chenet. Je dispose en effet d'une autre version, trouvée sur le Net, avec des variantes de détail et j'ai veillé par ailleurs à ce que les vers soient bien des alexandrins de douze "syllabes". Enfin, j'ai modifié parfois l'orthographe pour s'approcher de la prononciation qui me paraît la plus juste.

"La Mèr' Mariette" illustre la pingrerie, le cynisme pratique et l'intelligence campagnarde.

L'histoire est simple comme toujours : une femme, très riche héritière du bourg de Guémené, enterre son mari avec un minimum de frais et se garde bien de dépenser en prières pour le salut du défunt. Arrive le premier anniversaire du décès, et le curé vient la relancer pour les messes - payantes - de la commémoration annuelle.

Ayant eu le temps d'y réfléchir, la Mèr' Mariette a trouvé un raisonnement imparable pour garder "sa galette". On appréciera surtout le dernier argument utilisé, qui incrimine judicieusement le défunt !


Je dédie ce petit conte aux anciens (et actuels) résidants de la rue de Mirette. Le voici :


Les anciens du pays ont ben connu Mariette,
La vieille avaricieus’ de la rue de Mirette,
La femme à Mathurin, le plus rich’ du pays,
Cell’ qu’avait hériteu d’son gros cousin d’ Paris.
Quand son bonhomm’ fut mort, l’y laissant sa fortune
Dame ell’ l’ fit enterreu au fond d’ la fouss’ commune :
I n’eut que l’enterr’ment des pauvres misérables,
Et pour des gens si rich’s, ça ’te point formidable.
Quand il y’eut un’ anneu que Mathurin fut mort
L’ cureu vint vouèr la veuve et li dit dès l’abord :
« Eh bin, la Mer’ Mariett’, pensez-vous au service ?
Au servic’ du bout d’l’an, qui comport’ deux offices ?
Le pauv’ pèr’ Mathurin n’a pas souvent d’ prière !
Faudrait li en fair’ dir’, car c’est vous l’héritière ! »
« Monsieur l’ Cureu, qu’ell’ dit, j’en avais ben l’ideu !
J’ai eu l’ temps d’ réfléchir pendant tout’ mon anneu.
Et j’ai bru tout mon saoul ben des faill’ en cachette.
Tout le mond’ vous l’ diront dans la rue de Mirette :
Je se un’ bonn’ personn’ qui n’ tient point à l’argent
Et qu’a terjous partout fait les chous’s largement.
Mais je m’ se dit tout d’ mêm’, dam’ ma pauvr’ Mer’ Mariette
Laiss’ don les chous’s alleu, et gard’ don ta galette
A quoi bon t’ tourmenteu pour ton pauvr’ Mathurin.
Son sort est décideu à c’t’ heur’-ci, c’est certain.
S’il est au Paradis, il n’a point besoin d’ nous
Et ça n’est pas la pein’ de dépenseu tes sous !
S’il est dans les enfers, le pauv’ pèr’ Mathurin,
C’est un ben grand malheur. Mais dam’ on n’y peut rin.
S’il est au Purgatoir’, j’ pourrions ben l’ secourir,
Mais, têtu, comme il ‘te, y n’ voudra point sortir ! » 

dimanche 8 juillet 2012

Saint Goberien


Voici donc un nouveau conte en patois que j'extrais du recueil de l'Abbé Chenet. J'ai décidé de modifier un peu l'orthographe de l'original, pour mieux coller à la prononciation que j'ai dans l'oreille et dans le souvenir du patois de ma grand-mère.


L'histoire est simple : au catéchisme, qui se tient dans une chapelle où sont des statues de Saints, le vicaire demande le nom de l'un d'entre eux, dont la représentation est abîmée et dont le tronc est toujours vide.

Le conte situe dans un premier temps le lieu de l'action. Il s'agit de la Chapelle Saint-Jean qui existait encore Place Simon vers 1880, soit peu de temps avant la naissance de l'abbé Chenet. Je remets ci-joint un extrait cadastral de 1830 déjà publié, où l'on peut situer l'édifice (ainsi d'ailleurs que l'ancienne église), en bas, en gris :



D'abord dédiée à Saint-Julien de Guémené, cette chapelle avait été fondée au moyen-âge par les seigneurs de Montnoël pour leur servir d'enfeu (lieu de sépulture).


Reconstruite en 1709, elle était rectangulaire, son chevet polygonal et sa voûte était peinte. On y faisait jadis des baptêmes, des mariages et des enterrements.


Une ancienne dalle tumulaire (pierre tombale) datée du XVème siècle et provenant de cette chapelle se trouve rue du Grand Moulin : elle est en granit et le gisant est gravé en creux, les mains jointes. Autour de la pierre une épitaphe en lettres gothiques presque illisibles, il s'agit vraisemblablement d'un seigneur de Montnoël du XIVème siècle. 


Cette chapelle, servit de mairie pendant la Révolution.


Le conte se poursuit ensuite par l'exposé de la situation du pauvre Saint délaissé, en justifiant son abandon par une explication emprunte de bon sens populaire : s'il n'a pas de sous dans son tronc, c'est qu'on ne peut pas, pour des intercessions efficaces, se fier à un inconnu !

La chute de l'histoire est gentillette et illustre le proverbe selon lequel la vérité sort de la bouche des enfants.

Voici donc ce morceau sympathique :


Tout à couteu d’la piac’Simon
Où t’eut d’aoutfail’ la veuille église
A la dreut’ de la rue des Ponts
Enteur le jardrin et la r’mise
Se trouveut la Chapell’ Saint-Jean
Où l’on faiseut le catéchisse
Aux gars et aux fill’ de dix ans
Qu’éteuent pas terjous sans malice
Comm’ vous l’vereuz dans cette histouère
Que j’ai oui dir’ à Jean Martin
Qu’en aura fait du Purgatouère
Pour manqu’ de respect à un Saint.
- Y’avait donc dans la p’tite chapelle
Cinq ou six veuill’ statues en bois :
Saint Jean, Saint Paul, si je m’rappelle
Et vantié ben cor deux ou trois.
Les noms t’euent marqués par en d’sous
Et dans un tronc à grouss’ fenures
Chacun veneut apporteu des sous
Pour obtenir des guérissures.
Mais dam’, y aveut un Saint ben vieux
Qui n’aveut pu guère de peinture,
Le nez casseu et ren qu’un z’yeux.
Y faiseut ben triste figure
On n’aveut jamais su son nom,
Personn’ metteut ren dans sa boite
Allez li porteu ? A quoi bon,
Ça n’s’reut point un’ prière adroite :
On seut-y s’ment d’où y t’eut v’nu
Faut terjous s’méfieu, par prudence
Des gens qui vous sont inconnus
Et qui n’ont point de r’connaissance.
- Un jour donc le vicaire du temps
Dit aux gars de son catéchisse :
" Les gars, j’donn’ un bon point su’l champ
Au sien d’vous qu’aura l’pu d’malice
Et répondra à ma question :
Du vieux Saint qu’vous voyeuz là-bas
Voyons les gars qui m’dira le nom.
- Moi, dit Milet. - Hé ben mon gars
Chom’te ben vit’ et n’ai pas pou.
- J’se chomeu. - Allons et ben… ?
Et ben, puisqu’y n’a jamais d’sous
Je creu que c’est Saint Gobe-Rien…"

dimanche 24 juin 2012

"La chemise", rimiaux en patois de Guémené


Et voici un quatrième petit conte "léger", après "La soupe au choux", " La truie à Nanon" et "Comment Mathurin Sicard ne put entrer au Ciel", que l'on doit aux bons offices de feu l'Abbé Chenet.


Je rappelle que, dans l'entre deux guerre, ce prêtre originaire de Guémené publia quelques contes en patois de Guémené. Il prétendait dans leur préface que c'était ces vieilles bonnes qui les lui avaient narrées dans son enfance, c'est à dire vers 1890.


Celui que j'ai choisi aujourd'hui, "La chemise", raconte une anecdote : une femme très malade envoie son mari chercher le curé . Le conte s'attarde d'abord sur le "mal" et son traitement (vain), décrivant dans le fond la façon paysanne de se soigner "dans le temps". La seconde partie, qui concerne le retour du mari avec le curé, prépare la chute de l'histoire : une chemise blanche sert de balise pour se guider dans la pénombre, mais on découvre que la vue n'est pas forcément celui des cinq sens qui permet ce guidage nocturne...


Bonne lecture à tous !


La chemise

Ça ’tait un saill’ d’hiver min pas d’ l’hiver dernieu
La bonn’ femm’ à Bertin, Bertin d’ la Hunaudière
Sa femm’ qu’est un’ picra et une embarratière,
S’avait piqueu un daill’ en allant qu’ri du bouès
Et 1’ daille avait enfleu comm’ la traill’ à Jean-Pierre
La sienn’ qu’il avait hérité d’ son cousin d’ Mouais.
L’armaïjeur de Nozaille y mit un catapiasse
Ça n’y fit rin du tout : il n’enflit que d’ pus belle.
Il mit d’ la merd’ de oie avec un p’tit d’ filasse
Le frottit d’herbe sainte et de graiss’ de chandelle
Ça ‘tait comm’ s’il chantait et l’ fils d’ bougueur de daille
Continuit à groussi. Et v’là ti pas qu’enfin
Y s’ mit dans tout son corps, et ça ‘tait selon maille
Un mau qu’on n’ connait guèr’ comme un’ espèce de v’lin.
La femme eut pou d’ mourir et dit au gars Bertin :
« Va qu’ri Monsieur l’ Cureu, car je vas terpasseu !
Et il coût’ra terjous ben moins cher que l’ méd’cin ! »
Et v’là donc l’ gars parti et le v’la de s’ presseu !
II faisait naill’ comm’ diab’ et on n’y voyait goutte,
« Monsieur l’ Cureu, qu’il dit, j’ vas vous montreu la route
J’irai dret devant vous comm’ le chantr’ le dimanche
J’ai ouï dire es anciens qu’un’ affair’ qu’était blanche
Se voyait ben la neu, tout aussi ben que l’ jour.
Pour un’ faill’, j’ s’rais l’premier, c’est point souvent mon tour !
J’ m’en vas, si vous v’lez ben, vous attireu d’ ma « haine »
La queue d’ ma ch’mis’ de taill, qu’ j’héritis d’ ma marraine.
Vous vous fix’rez sur ielle, el’ vous dira l’ chemin. »
Dam’ les v’là donc partis. Tout à coup, Bertin dit :
« Monsieur l’ Cureu, Voyez-vous ? » L’ Cureu répondit...
« Ça n’est pas que j’ la vaill, mon pèr... mais j’ la sens bin ! » 

samedi 11 février 2012

La Mère Mariette

Les anciens du pays ont ben connu Mariette,
La vieille avaricieuse de la rue de Mirette,
La femme à Mathurin, le plus rich' du pays
Qui avait hériteu de son cousin d'Paris.
Quand son bonhomm' fut mort, li laissant sa fortune,
Ell' le fit enterreu dans la fousse commune,
Y n'eut que l'enterrement des pauvres misérables
Et pour des gens si rich's, ça n'éteu point aimable.
Quand il y eu une année que Mathurin fut mort,
L' cureu vint vouer la veuve et li dit dès l'abord :
"Eh ben, la Mèr' Mariette, pensez-vous au service ?
"Au servic' du bout d'l'an qui comport' deux offices ?
"Le pauv' Pèr' Mathurin n'a pas souvent d'prières !
"Faudrait li fair' dire, car c'est vous l'héritière !
"- Monsieur l' cureu, qu'ell' dit, j'en avais ben l'idée !
"J'ai eu le temps de réfléchir pendant tout' mon année.
"Et j'ai bru tout mon saoul ben des faill's en cachette :
"Tout le mond' vous l' diront dans la rue Mirette
"Je se un' bonn' personn' qui n' tient point à l'argent
"Et qu'a terjours partout fait les chous's largement.
"Mais je m'se dit de même, ma pauv' Mèr' Mariette
"Laiss' don les chous's alleu et garde ta galette,
"A quoi bon t' tourmenter pour ton pauv' défunt.
"Son sort est décidé à c't heur'-ci, c'est certain.
"S'il est au Paradis, il n'a point besoin de nous
"Et ce n'est pas la pein' de dépenser tes sous !
"S'il est dans les enfers, le pauv' Pèr' Mathurin,
"C'est un ben grand malheur. Mais dam' on n'y peut rin.
"S'il est au Purgatoir' j' pourrions le secourir,
"Mais, têtu comme il teu, y n'voudra point sortir !

samedi 30 avril 2011

Comment Mathurin Sicard ne put entrer au Ciel

Si qu'on sé bête un p'tit, c'est encor' raisonnable.

Faut pas exagérer : ça n'est plus pardonnable.

Et Mathurin Sicard, de la rue Saint-Clément

S'en aperçut trop tard, mais dam' il n'tait plus temps.

Vous l'avez-t-y connu ? Il était peillotier

Ca 'tait un métier d' ren pour les haricotiers.

Il avait épousé en premièr' noc' Perrine

Et il n' fut point heureux avec cett' vieille mâtine.

Ca 'tait un' vraie gueudill' : quand ell' fut carpaillée

Il fut plutôt ben aise et il n'a guèr buyé.

Vantié six mois après Mathurin se r'marie.

Il tombit 'cor' plus mal avec la Jeann'-Marie;

Du coup cinq ans après c'est Mathurin qui meurt

Et ça 'tait ben pour lui, ma foi, un grand bonheur.

Le v'la parti au Ciel pour parler à Saint Pierre

Qui fut dit-on un gendr' ben bon pour sa bell'-mère.

"Je fus dix ans mariés" dit-il dans un soupir,

"Dix ans ! c'est pas possib'. Ah, t'es un vrai martyr.

Viens, tu l'as mérité, car tu es un' belle âme."

"Sûr ! que dit Mathurin, mêm' que j'ai eu deux femmes."

"Comment, t'en as pris deux ? Dam' là, t'es ben trop bête,

Fous-moi l' camp, dam' vraiment tu t'paies ma tête,

Un' fois ça passe encore, et moi je l'ai ben fait

Mais dam' deux fois, mon gars faut êt' un grand benêt."


in "vieux rimiaux guémenois"

Poésies en patois de Guémené

dimanche 17 avril 2011

La soupe aux choux


Dans c' temps là que j' vous caouse il n'y avait qu'un méd'cin

C'est ben assez vantié pour mourir à son aise.

A c't' heure ci y en a trois et comm' dit mon voisin


On n' veut point laisser les gens s'en aller de vieillesse

Or donc un mercredi, au tout fin fond d' l'hiver,

le bon Docteur Heuzé s' chauffait dans sa cuisine,

Les pieds dans son foyer où la soup' de choux verts


Cuisait ben tout douc'ment dans un' saprée terrine.


Comme il était gourmand, y s' régalait d'avance,


Car ça sentait si bon "J' vas faire un bon soupeu,


"Ca n'est pas défendu d'aimer l' bon cas je pense".


Mais dam', le malheureux, il fut bien attrapeu.


On frappait à la porte "Allons bon, que que n'y a ?"


"C'est le gars Souais Ricordel il a ben besoin d' vous,


"Pour aller voir sa femm' dans le bourg de Mass'ra


"Dépêchez vous, Monsieur, car ça n' va pas du tout."


"J' 'tais à fair' mon souper et j'accours au plus vite.


"J'attell' ma vieill' jument dam' je m'en viens au plus vite.


Dit le Docteur Heuzé, j' vous emmène avec maï


"J' va prendr' mon grous mantiau, car il fait fre et naï."


Les v'là tous deux partis au grand trot d' la jument


Qu'avait sans vous mentir, vantié ben plus de trente ans.


Arrivé à cent mètr' du bourg de Masséra


Ricordel dit : "Monsieur, j' vous prie arrêtez là."


"Mais je n' se pas rendu." "- C'est ben bon que j' vous dis


"V'là cent sous que j' vous dois, au r'voir et grand merci."


"Que c'est-y qu'ça veut dire ? Et vot' malad' là bas ?"


"Ah ! Monsieur, y en a point, pas plus s'ment qu' sur mon bras.


"Perrin' n'a rin du tout, mais ell' n'est point commode.


"Tout deux on n'y peut rin, faut que j' m'en accomode.


"Ecoutez en deux mots mon histouèr' zallez vaille


"A la foir' de Guém'né, j'ai eu l' grand tort de baille


"Vantié cinq, six chopin's de plus que j' n'aurais dû


"Et dam', le train de R'don, li n' m'a pas attendu.


"Pour rentrer à Mass'ra, sûr, ça n' fut pas facile


"Pour trouver un' voiture je fis l' tour de la ville


"Chez Jarnot, comme ailleurs fallut payer dix francs !


"Je m' suis dit chez l' docteur, ça s'ra ben différent.


"Pour venir à Mass'ra le med'cin prend cent sous,


"J'ai 'cor tout' mes idées, car je n' se pas trop saoul.


"Et j'ai toujours été un gars ben économe,


"J'ai payé c' que j' vous dois, et je se quitte en somme.


Le docteur stomaqué repartit sur le coup


Pour rentrer à Guém'né manger sa soupe aux choux.



in "Vieux Rimiaux Guémenois"


Poésies en patois de Guémené

dimanche 3 avril 2011

La Truie à Nanon


Depeuill' que l'monde est monde (et ça n'est pas d'aneu),
On n'avait vu chez nous et dans tout' la contreuille
Des commun's de Piesseu, d'Aveussa' et d' Guém'neu,
Un' bêt' pus bell', pus grasse et pus fort' que la treuille
A Nanon Amosseu, la fille au pèr'Batisse,
La veuve au d'funt Legaut, Legaut, de l'Epinaille.
El't'ait pus grouss' qu'un boeuf et pus haut' qu'un' génisse,
Avec un guerouin rose et des tach's blanch's et nailles.
Ell' la z'avait ach'teu un jour de Saint Micheu.
Ell' la z'avait payeu, vantié pus dix pistoles.
Nanon en'tait glorieus' glorieus' jusqu'à pécheu.
Ell' disait, à part elle : "N'y manqu' que a parole."
Comme emm'tait pas bien riche et qu'elle aimait l'argent,
Ell' comptait bin la vendre avec bon bénéfice.
Ell' disait : "Dans six mois, je s'rons à la Saint Jean
Et j'm'en irait la vend' sitout après Office.
Vé ! Mais v'là qu'un biau jour, au mitan d'février,
La treuill' ne v'lit rin prend', ni mitau, ni patache,
Nanon li port' du son, des poires de son grenier,
Des châtaign's égachées avec du lait d'sa vache,
Ell' n'y goutit qu'un p'tit et ell' dépérisseu.

Et la treuill' tous les jours maigrisseut, maigrisseut.
Ell' changeait d'plus en plus, rien n'y faisait plaisi.

Nanon dit : "Ma grand' faille ça n' dur'ra pas ainsi."
La v'là partie, un saill' trouver Perrin' Godard.
"Ell' saura bin c' qui m' faut, ell' m' donn'ra un' méd'cine.
"Et pour la défrayer j' li port'rai un p'tit d'lard.
"Et pis j'somm's t'y pas tout' deux un p'tit cousines ?"
Perrin' li dit : "Mafite, je n' voudrais point t' voleu.
"Si j' tais qu' taill', j' m'en irai trouveu Hyacinthe Evain.
"C'est un fameux hongreur, tu n'as qu'à li parleu.
"J'ai oui dir' bin des faill's, qu'il teu un p'tit devin."

V'là Hyacinthe arriveu, et qui r'gardait la treuille,
La tournit, la virit, li tapit su' la panse,
Qui li donnit un' purge, un' bonn' purge à l'oseille,
Avec un tas d'poueson à mett' dans sa pitanse.
Mais la fi d' garc' de treuille, ell' n'en allait pas mieux.
Ell' t'ait prêt' à queuvreu. Et Nanon en brezeu !
Ell' r'tournit chez l'hongreur en se frottant les yeux.
Il li dit : " Ma consort' j'vas la débarasser".
(Il avait bu un coup : ça arrivait souvent.)
"Mais dam', ça t' cout'ra cher. - Disez, disez terjous.
"Si faut payeu, j'pairai ; je n' tiens p'int à l'argent
"Et pour sauver ma treuill', j' donn'rais bin cent sous !
"Hé bin, v'là mon secret, li dit Jean Becavin.
"Vot' treuill' ne veut rin prendr', c'est là son grand malheur,
"Y en a tant qui prenn' bin ou du cit' ou du vin,
"Les marguilleu, surtout, qui sont des gens d'honneur,
"J' n'ai jamais oui dir' qu'i's avaient r'fusé d'prendre.
"Et quand i' r'tourn't chez eux tous les dimanch' au saill',
"I's n'ont jamais trouvé qu' la route soit assez grande,
"Car, dans tout' la raisié, i' n'ont fait rien que baille.
"Allez donc à la cure, trouveu Monsieur l'Cureu,
"Parlez-li d'vot'malade, i' vous f'ra bon accueil,
"Et d'mandez li pour elle un' plac' de marguilleu :
"Ell' prendra bin, après, j'vous l' garantis, votr' treuille !!!

in "Vieux Rimiaux Guémenois"
Poésies en patois de Guémené Penfao

jeudi 13 mai 2010

Dictons du pays (2)

Toujours dans la Revue des traditions Populaires (cette fois dans le tome IV d'avril 1889), des dictons concernant Avessac :


"- Quand les alouettes huchent en l'air,"
" Le soleil va voir la terre."


"- Corbins d'avril, corbins d'Avent,"
" Apportent autant de pluie que de vent."


"- Trâ en mars dans les hâs,"
" Autant de froment que de gâtpâs."


"- Au premier chant du coucou,"
" Qui a de l'argent 'nn'aura son soûl."


"- Quand les cloches sonnent dans Murain,"
" J'avons gros temps et guère de grain."


"- Amoureux de la Saint-Jean,"
" Longtemps galants,"
" Mais guère d'enfants."


Glossaire & explication :



Trâ = grive

Hâs = haies

Gâtpâs = paille hachée et mauvaise balle (voir image ci-après)



Les cloches de Murain (sic) font référence à une légende (voir image ci-après) : en l'an 869, les Normands furent défaits à Avessac, retour du pillage de Rennes. Ils auraient jeté les cloches qu'ils y avaient volées dans la Vilaine et le Lac de Murin.

Dictons du pays

Dans la Revue des Traditions Populaires (janvier 1908, tome XXIII), on peut lire les dictons suivants, réunis en un petit poème ("blason") :



"A Guémené Penfao, autant d'voleurs que d'chevaux."

"Farauds et gâtoux d'cidre de Brain."

"Brigands d'Avessac."

"Généreux, sérieux, girafles de Beslé."

"Arotoux de Renac (il faut mieux y dîner qu'y coucher)."

"Lorieux de Saint-Anne."

"Bayants de Langon."

"Chouans de Pieric."

"Manjous d'pain d'bié de Sainte-Marie."




Toute aide à la traduction est bienvenue !...

samedi 17 avril 2010

Conte en patois de Guémené

Ci-dessous un conte par le Groupe Néness, en patois guémenéen.

L'action se passe à l'hôtel du "Petit Joseph".






L'éléctricité à Guémené - Neness 2008
envoyé par Albert2121. - Plus de vidéos fun.